Allez, je reprends du service pour la quatrième partie ! Quel marathon !

    Après cet intermède carambaresque, le groupe enchaîne avec entrain par Fanny Ardant et moienfin, « et lui ». J’en ai déjà parlé dans ce blog mais je suis fan de cette nouvelle version qui me semble, aujourd’hui, être jouée comme elle aurait dû toujours l’être. Alors qu’auparavant, Vincent donnait parfois l’impression d’être pressé d’expédier la chose, cette nouvelle mouture au tempo plus lent donne un côté plus balancé dont je ne me lasse pas. Malheureusement, n’étant pas une grande mélomane, je ne peux vous en dire plus. Le plaisir d’écouter de la musique est finalement comme tous les plaisirs, (comme manger un chocolat liégeois, être embrassée dans le cou ou regarder la énième rediffusion des Bronzés à la télé), il ne s’explique pas.

    N’étant pas une fan incontestée de certaines chansons lentes comme Le Baiser Modiano ou 29 Avril au 28 Mai, (au fait je ne sais pas vous, mais je suis incapable de me souvenir du titre de ce dernier morceau ! J’aurais préféré un titre genre « Si elle devait dire » ou « l’Affiche », d’accord c’est moins mystérieux mais plus pratique) …bon, heu, où j’en étais avec ma parenthèse, là, je perds le fil…oui, donc, je ne suis pas une grande fan devant l’Eternel de ces deux chansons, et avoir les deux alignées, comme ça, l’une après l’autre, a bien sûr donné un beau moment d’émotion « piano-voix » mais aussi, j’avoue, a tout de même suscité chez moi un petit bâillement…tout petit, tout petit. Joli passage cependant, lorsque Ibrahim Maalouf entre lentement en scène, dans la pénombre, et finit par accompagner Vincent à la trompette. Et ça, ça fiche tout de même la chair de poule.

    Le réveil est brutal, puisque après avoir déroulé un écran du style « projection de diapos sur les dissections de grenouille en cours de science nat’ en classe de 4ème », nous voilà invités, nous, public encore somnolants dans les alcools des Mojitos du Baiser Modiano, à interpréter Tes Parents, guidés par un diaporama des plus cocasses. "Comme vous le savez j’ai chanté cette chanson un paquet de fois. Alors pour changer, vous allez le faire à ma place". Je n’ai pas besoin de vous rappeler le débit rapide de cette chanson. Nous voilà ainsi embarqués dans une course poursuite bon enfant où nous essayons, un peu laborieusement, de suivre ce karaoké « vintage ». Les diapos sont en fait composées alternativement d’extraits de paroles, bon, là, ça va, mais aussi de photos, rendant le jeu plus compliqué. Comment comprendre en voyant la photographie de la façade d’un immeuble que nous sommes censés chanter « dire du mal des voisins d’en face » ? Hein, comment ? Enfin, jamais on n’a vu artiste se réjouir autant de voir sa chanson massacrée par mille personnes à la fois. Pour ma part, je ris encore en repensant à cette diapo de Vincent cravaté jusqu’à la glotte et roulant de gros yeux terrifiés à l’approche d’une huître. ( Oui, là, il fallait dire « manger des huîtres au réveillon », vous avez bien compris le mécanisme de ce rébus musical.) La partie lente du morceau, est reprise par Delerm, qui nous gratifiera une fois de plus d’une petite modification de circonstance : Alors, Vincent, vous avez entendu la nouvelle chanson de Renaud ?

    Nouvelle interlude. Vincent brûle de savoir combien d’entre nous ont le BAFFA. La lumière s’allume sur le public et quelques doigts se lèvent. « Bougez les mains, j’ai pas mes lunettes » demande le chanteur qui doit avoir une vision vachement précise de son public pendant les spectacles ! Laissez tomber vos décolletés les filles, c’est peine perdue ! Notre hôte joue ensuite les mouchards en nous racontant que les Bruxellois, quelques concerts plus tôt, avaient peur de dire qu’ils n’avaient pas leur BAFFA parce qu’ils ne savaient pas ce que cela voulait dire. Enfin, tout ça pour introduire une version mise à jour des Filles de 1973 ont trente ans, qui devient avec une logique implacable : Les Filles de 1976 ont Trente ans. Cette fois, les filles ne vont plus voir Rain Man mais Bagdad Café, passent leur Baffa, recopient les paroles de Puisque tu Pars et s’exclament « Ah tu crapotes ! »…si ma mémoire ne me fait pas défaut. La liste des noms filles de 1973 change aussi, (out, Katia Boccage !) ce qui nous vaut une nouvelle interruption explicative consacrée entièrement à une certaine Mathilde Lerute (Mathilde, si tu me lis…) : Mathilde Lerute, c’était une camarade d’école primaire de Vincent qui montrait sa culotte en faisant le cochon pendu (Mathilde, pas Vincent) et dont tous les garçons étaient amoureux. Un jour, pour l’anniversaire de Mathilde Lerute, il y a eu un jeu de pêche à la ligne ; notons à cette occasion un grand débat terminologique entre le chanteur et quelques spectateurs pour savoir si on devait appeler ce divertissement « la pêche à la ligne », Vincent affirmant que ça, c’était pour les truites et pas pour les cadeaux surprises de Mathilde Lerute, et que les crochets de cintres ne pouvaient être appelés des « hameçons ». Donc pendant cette « pêche aux cadeaux surprises », Vincent a choisi le cadeau le plus gros, cadeau qui était finalement plus emballé de papier qu’autre chose et qui s’est avéré être « un truc plat tout plié qu’on ouvre et qu'on se met sur la tête quand il pleut » et même que Mathilde Lerute, graine de salope, lui a demandé de le mettre. L’histoire ne dit pas si Vincent s’est exécuté. Donc enfin, tout ça pour dire qu’un beau jour, Mathilde Lerute est partie vivre en région parisienne et un copain d’école nommé Rodolphe Mérieux a réussi à obtenir son adresse. Comme l’on sait que les garçons, à cet âge, sont un peu bêbêtes, et cela ne s’arrange pas avec le temps, Rodolphe Mérieux a demandé à Mathilde Lerute si elle était amoureuse d’un des garçons de la classe quand elle vivait en Normandie, et si oui lequel. Et il paraîtrait que Rodolphe Mérieux a dit que Mathilde Lerute aurait répondu « Rodolphe Mérieux ». (Si un jour on m’avait dit que j’écrirais toute une page de blog sur Mathilde Lerute et Rodolphe Mérieux… Je note au passage qu’un certain Rodolphe apparaît dans l’un des livres de Philippe Delerm Bonheur : tableaux et bavardages ; c’est l’un des camarades de classe qui venait jouer et se déguiser chez les Delerm quand leur fils était enfant…) Enfin, la chanson reprend ! Vincent fait chanter le public, enfin, pas tout le public. C’est d’abord au tour des Sagittaires : "Les filles de mille-neuf-cent soixante-tr…heu...seize…ont trente ans…lalalala". Puis c’est au tour des béliers ; je doute que ma voix de Charlotte Gainsbourg en prise avec une extinction ait été des plus efficace dans cet exercice, mais bon…puis seulement les gens qui croient que Rodolphe Mérieux a raconté des conneries…tous les fayots que nous sommes reprenons en chœur : Les filles de 1973…heu...seize…ont trente ans…lalalala. Enfin, séquence nostalgie : « seulement les Strauss Khaniens » : trois pelés et deux tondus s’égosillent au fond de la salle : "Vous ne pouviez pas le dire plus tôt" ! s’exclame le chanteur. Rappelons que ce concert se déroule à peine quelques jours après l’élection par les militants du PS, de Ségolène Royal. Delerm, serait-il Strauss Khanien ?

Et dans la partie V…la dernière, j’espère, vous verrez comment Vincent a fait peur à son papa…

Les extraits vidéo sont de TheOlive31 sur Youtube.com. Si vous voulez que ces vidéos soient retirées, contactez-moi par mail.