vdcoq4 A l’heure où sur le flamboyant court Philippe Chatrier, Federer et Nadal se livrent un combat sans merci, j’apprends par le biais d’Internet que Vincent Delerm était présent lors du tournoi de Roland Garros 2007. Assiste-t-il à la finale des deux champions en ce moment ? Je scrute vaguement les gradins du court central criblés de lunettes de soleil, un œil sur l’écran de l’ordinateur, l’autre sur celui de la télévision.

    Voici ce que l’on peut lire aujourd’hui sur le site Sport24.com :

Vincent Delerm est très attaché à Roland Garros. A chaque fois que les Internationaux de France arrivent, le chanteur pense à son passé d’étudiant : «Ca me rappelle l’époque où je révisais le bac assis sur les pelouses avec les commentaires de Michel Dhrey et les bruits de balles en fond sonore. Si je devais faire une chanson qui évoque le tennis, je crois que Roland Garros s’imposerait», avoue-t-il dans le quotidien officiel du tournoi.

    Une chanson sur le tennis ? Certes, sans aller jusqu’à parler de chanson exclusivement consacrée au tennis, tout delermophile qui se respecte pourra toujours citer un à deux morceaux faisant référence au monde du tennis et ses protagonistes. Nous pensons bien sûr aux fameuses Jambes de Steffi Graf qui,  dans cette même chanson font concurrence à celles de Sabatini. En fouillant un peu plus, on se souviendra de cette formidable, (et je pèse mes mots), inédite figurant sur le DVD « Boulevard Voltaire » qui s’intitule Puissance 4 et où la future ex-petite amie de l’auteur lui reproche de n’avoir obtenu de camembert que par le biais d’une question sur John McEnroe. Enfin, comment ne pas se souvenir de la voix-off de l’interview d’Agassi après un match à Rolant Garros dont Vincent Delerm se servait lors de sa tournée Kensington Square pour exprimer son émotion d’être sur scène ?

    Pourtant, nous nous attarderons aujourd’hui sur une inédite réellement inédite qui figurait sur la première démo de Vincent alors qu’il s’apprêtait à commencer la carrière que nous lui connaissons. Nous pouvons en dégager deux interprétations : la première se trouve logiquement dans le texte que je vous livre ci-dessous et qui relate les légers marivaudages de deux lycées sur les pelouses d’un lycée. Par-dessus la chanson, et c’est ce qui fait son originalité mais aussi sont étrangeté, est diffusée une bande son où l’on peut entendre Michel Dhrey et Jean-Paul Loth commenter un match de tennis rythmé par le bruit des balles que l’on frappe et les cris du public. La question qui se pose ici est : quel rapport entre la bande-son et le thème de la chanson ? Première interprétation : séduire une fille peut-il être considéré comme un match de tennis qui demande patience et habileté ? Deuxième interprétation : Vincent a-t-il voulu, comme il est dit plus haut, mettre en avant cette époque de l’année où se mêlent révisions d’examens sur les pelouses d’un campus et tournoi de Roland Garros diffusé à la radio ?

    Quoiqu’il en soit, il faut se rendre à l’évidence : cette chanson sur le tennis, Vincent Delerm l’a déjà écrite il y a presque dix ans et la voici  :

Court Central

Chewing-gum chlorophylle

Apprendre à jouer au tarot

A côté d’une fille

Au pied du lycée Clemenceau

Tout le monde est parti

Vers la salle A312

On est restés assis

Un peu comme ça sur la pelouse

Autour de sa taille

Il y a un pull-over qui bouge

Je voudrais qu’elle s’en aille

Plus jamais de cette pelouse …

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Et pendant ce temps, Nadal mène quatre jeux à un dans le troisième set...