stansmith

    Avant de vous livrer mes impressions sur le dernier Olympia de Vincent Delerm (mieux vaut tard que jamais), je vous propose de faire un saut sur l'excellent blog du journaliste Bertrand Dicale qui s'est penché sur l'une des pièces maîtresse de la tenue vestimentaire delermienne; la Stan Smith, adoptée aussi, on l'apprend dans l'article, par Thierry Stremler, dont je vous invite à aller goûter les pop-sucreries  façon Alain Chamfort de la belle époque, si ce n'est déjà fait. 

    "D’abord, il y a eu Thierry Stremler qui chantait au « Fou du roi » avec aux pieds des Stan Smith impeccablement blanches et orthodoxes – c’est-à-dire avec la pastille verte au talon. Cela m’a évidemment fait penser à une famille, puisqu’il arrivait ainsi quelques mois après les Stan Smith de Vincent Delerm à la Cigale. Des Stan Smith qui faisaient signe, évidemment : la référence années 80, le détournement d’une image sportive vintage dans l’affichage d’un certain embarras du corps, la guinde curieuse de la démarche avec Stan Smith vs le détendu des baskets contemporains… De quoi parler.
D’autres Stan Smith sur scène ? Je suis sûr d’en avoir vues, bien sûr, mais qui ? D’après les vieilles archives de ma clé USB, il y a déjà Ben Vaughn au Printemps de Bourges 1994, notamment.
Et voici que quelques jours plus tard, j’interviewe MC Solaar pour l’album Chapitre 7 qui sort lundi prochain. Stan Smith rouges. Enfin, blanches, mais avec une pastille rouge. Un type de Sarcelles les lui a offertes. « Sarcelles était très Stan Smith. C’est sa nostalgie : faire revenir aux Stan Smith et au 501 brut, propre et bien repassé. Il a vingt-cinq ans et c’est comme ça qu’il voyait les grands de Sarcelles quand il était petit. » A Villeneuve-Saint-Georges, se souvient-il, « les Stan Smith, c’était plutôt le style pickpocket, avec un blouson en cuir et un journal. Ceux qui étaient plus réguliers avaient des chaussures plus sportives. Les miennes, c’était les Indoor Blue, pour être dans Adidas – des chaussures bleu clair qui servaient pour le ping-pong et le handball. » Solaar note que le premier revival Stan Smith a été le clip de Je danse le mia d’Iam et cite : « L'ambiance était chaude et les mecs rentraient/Stan Smith aux pieds le regard froid/Ils scrutaient la salle le trois-quarts en cuir roulé autour du bras ». Quant à lui, il n’en a porté qu’une fois sur scène, « en Suisse, pour la fête de l’Espoir, il y a trois ou quatre ans ».
Mais tout cela n’a pas exactement le même sens que chez Delerm ou Stremler – l’identité sociale, d’une part ; le jeu sur les codes, d’autre part. Polysémie de la Stan Smith." BERTRAND DICALE