Catégorie Vincent Delerm

Blog consacré à...ben, Vincent Delerm

18 juin 2007

Deux zinédites et puis s'en va...

    Aucun concert de Vincent Delerm n'est identique, que ce soit par la variété des anecdotes ou par la multitude d'invités prestigieux qui s'y succèdent et peuvent faire regretter parfois de ne pas avoir assisté à tous les spectacles parce qu'on a loupé celui avec Souchon ou Bénabar et que l'on a seulement vu celui avec George Moustaki et Renaud! C'est un fait, Vincent Delerm est l'ami des stars! Pourtant, les stars, sur ce blog, sont avant tout les inédites dont Vincent nous gratifie ça et là, et que les delermaniaques que nous sommes guettons comme les druides guettent le passage du Concorde et des oies sauvages. Deux inédites, donc, pour ces trois concerts à l'Olympia (j'écris plus longuement sur celui du 1er juin ici.). La première, Et Pendant Tout ce Temps, évoque le début d'une époque avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République tandis que la seconde, Deux Soirs sur Trois, clos une période de tournée riche en évènements.

                                                           delerm8wET PENDANT TOUT CE TEMPSsarkodelerm

*

   Commençons tout d’abord par la chanson post élections présidentielles où la levée de boucliers massive de La Nouvelle Scène Française n'a pu venir à bout du triomphe Sarkozien. Vincent Delerm est déçu, tellement déçu de voir celui-dont-il-ne-veut-pas-citer-le-nom à l’Elysée qu’il enfourche son piano pour concocter une balade qu’il chantera à l’Olympia, quelques semaines après les sinistres résultats. Une musique à la mélodie superbe et triste à mourir, qui ferait passer Châtenay-Malabry pour une chanson à boire, un texte typiquement delermien, simple, écrit à grand renfort de noms de lieux Nord Parisiens, de stations balnéaires et de cinéastes d’art et d’essai. Comme à son habitude, Delerm ne se risque pas à débattre sur le fond et préfère les non-dits plus subtils mais non moins explicites. Souvenons-nous de qu’il disait dans Le Nouvel Observateur le 21 septembre 2006 :« Je pense que nous, artistes de gauche, sommes trop enclins à nous attrister face au pouvoir de l’UMP. Plutôt que de se laisser aller à la facilité de faire rimer « Sarko » avec « facho », je propose de prendre de la hauteur pour arriver à rire de ce problème. » A défaut de rire de ce « problème » comme il l’a fait dans  Il Fait Si Beau, Vincent, ici, se contente de décrire des moments de bonheur simples de la vie quotidienne comme se promener dans Paris ou voir un film de Jacques Tati mais qui sembleront être hantés, en parallèle, par le spectre de ce pouvoir politique tant redouté. Malgré tout, quelques références plus directes aux principaux points de discorde qui ont enflammé la campagne présidentielle viennent s’ajouter discrètement au texte, comme « la liquidation de mai 68 » et « la France qui se lève tôt ». Les « gens qui se lèvent tard », quant à eux, applaudiront avec enthousiasme et verseront une larme  nostalgique sur un bonheur désormais sali pour toujours ou pour cinq ans, tandis que l’autre partie du public feindra un sourire un peu jaune en se demandant s’il était vraiment nécessaire que Vincent Delerm use de ce talent qui lui est si personnel pour parler ainsi de choses qui divisent.

Des femmes regarderont

Dans l’square d’Anvers

Des toboggans vernis

Des tourniquets sans fin

Des hommes perdront leur temps

Les yeux en l’air

Au fond d’une librairie

Un peu comme ça pour rien

Et pendant tout ce temps

Ce s’ra lui le président

Et pendant tout ce temps

Des cousines parleront

Dans le Finistère

En juillet, à minuit, de leur année qui vient

Une fille et un garçon

A Berck sur Mer

Essuieront leurs yeux sur un générique de fin

Et pendant tout ce temps (3 fois)

Un monsieur repens’ra

Un soir d’hiver

Quarante ans en arrière

A deux ou trois slogans

Fin des années 60

Fac de Nanterre

Tu vois on n’s’était pas trompé énormément

Et pendant tout ce temps  (2 fois)

Nous marcherons la nuit

Filles du Calvaire

Traversant Paris juste pour la revoir

Nous aim’rons Jacques Tati

Eric Rohmer

Et nous ferons partie d’une France qui se lève tard.

Et pendant tout ce temps…

  (Je remercie TheOlive31 qui m’a permis de retranscrire les paroles de ce morceau dont la video est ici. Si vous remarquez une erreur dans les paroles, faites-moi signe.)

*

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*

DEUX SOIRS SUR TROIS

    La deuxième inédite avait été étrennée quelques dates auparavant. Au même titre que Claude François qui chantait « Huit jours sur la route et moi je rentre à la maison ce soir », Souchon fredonnant « Samedi tu fais guignol Dans un Théâtre provincial Où y’a les belles jeunes filles Qui trouvent le chanteur pas mal »   ou bien encore Chantal Goya concluant ses comédies musicales par « Au revoir, Il faut chanter ensemble, Au Revoir Avant de s’en Aller car ce Soir ce Chant qui nous Rassemble c’est l’Espoir que l’on Va se Revoir » (je reprends ma respiration virtuelle et vous laisse en même temps vous remettre du choc de voir ainsi Chantal Goya citée à brûle-pourpoint au milieu de ce blog dédié à Vincent Delerm…), Vincent s’atèle à son tour à la chanson sur l’artiste qui fait des tournées mais qui est avant un être humain qui aime aussi rentrer chez lui pour regarder la télé. Idée un peu kitsch penseront certains mais non dénuée d’émotion car même moi qui ne suis pourtant pas du genre à trouver des larmichettes là où il n’y en a pas, j’ai cru déceler une voix légèrement étranglée alors que Vincent nous faisait partager en chanson et entouré de ses musiciens, les secrets de sa tournée aujourd’hui achevée. (allez vérifier … et merci à Vindel une fois de plus.)

    Si je devais mettre une note à cette chanson (période de bac oblige), je crois que je donnerais 12/20. Pas plus. Je ne pense pas que Vincent ait essayé d'écrire le morceau de l'année, de toute façon.  J’aime toujours autant le côté jazzy qui habille le texte mais il me fait tout de même étrangement penser à « J’t’ai Même pas Dit ». Les paroles, gentiment tendres, ne parviennent cependant pas à se détacher des traditionnelles apparitions de noms propres en tout genre où, ici, se mêlent avec bonheur  Louis Aragon, Michelle Torr, Liane Folly, Bounty et autres villes comme Nancy, Lyon ou Carcassonne qui ne sont parfois là que pour la rime. Un peu étonnant pour quelqu’un qui disait avoir laissé le « name dropping » aux oubliettes. Allez, promis, il commence demain ! Je donnerais cependant un bonus pour l’originalité de l’initiative. J’ai trouvé très divertissant de remercier ainsi, en chanson, musiciens, techniciens et filles dans la piscine, dont une grande partie du public n’arrive généralement même pas à entendre les noms. Je remarque cependant que Vincent a remercié tout le monde sauf le public…je sais, je sais, je chipote…mais je retire mon bonus quand même, tiens !

   

On a trouvé un job assez sympa

Faire les malins sur scène deux soirs sur trois

Changer tout l’temps de chambre

Depuis fin septembre

Franchement on maîtrise à peu près à fond

Tous les auditoriums Louis Aragon

Les centres culturels

De la gauche plurielle

Signer encore un paquet d’livres d’or

Et juste à la page derrière Michèle Torr

« On s’éclate ici »

Signé Liane Folly

En fin d’tournée y’a des comparaisons

A Carcassonne,

C’est mieux chauffé qu’à Lyon

A côté d’Nancy

Y’avait moins d’Bounties

Derrière les ampoules, derrière les micros

On a planqué des mecs

Dans les rideaux

Des fantômes partout

A trois mètres de nous

Au son ce soir il y a Hervé Bourdooon……etc

                                                                                       On a trouvé un job assez sympa

Faire les malins sur scène deux soirs sur trois

Un bon job d’été

Pour l’hiver qui vient d’passer

(Merci à Jill pour les corrections)

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10 juin 2007

Court Central

   vdcoq4 A l’heure où sur le flamboyant court Philippe Chatrier, Federer et Nadal se livrent un combat sans merci, j’apprends par le biais d’Internet que Vincent Delerm était présent lors du tournoi de Roland Garros 2007. Assiste-t-il à la finale des deux champions en ce moment ? Je scrute vaguement les gradins du court central criblés de lunettes de soleil, un œil sur l’écran de l’ordinateur, l’autre sur celui de la télévision.

    Voici ce que l’on peut lire aujourd’hui sur le site Sport24.com :

Vincent Delerm est très attaché à Roland Garros. A chaque fois que les Internationaux de France arrivent, le chanteur pense à son passé d’étudiant : «Ca me rappelle l’époque où je révisais le bac assis sur les pelouses avec les commentaires de Michel Dhrey et les bruits de balles en fond sonore. Si je devais faire une chanson qui évoque le tennis, je crois que Roland Garros s’imposerait», avoue-t-il dans le quotidien officiel du tournoi.

    Une chanson sur le tennis ? Certes, sans aller jusqu’à parler de chanson exclusivement consacrée au tennis, tout delermophile qui se respecte pourra toujours citer un à deux morceaux faisant référence au monde du tennis et ses protagonistes. Nous pensons bien sûr aux fameuses Jambes de Steffi Graf qui,  dans cette même chanson font concurrence à celles de Sabatini. En fouillant un peu plus, on se souviendra de cette formidable, (et je pèse mes mots), inédite figurant sur le DVD « Boulevard Voltaire » qui s’intitule Puissance 4 et où la future ex-petite amie de l’auteur lui reproche de n’avoir obtenu de camembert que par le biais d’une question sur John McEnroe. Enfin, comment ne pas se souvenir de la voix-off de l’interview d’Agassi après un match à Rolant Garros dont Vincent Delerm se servait lors de sa tournée Kensington Square pour exprimer son émotion d’être sur scène ?

    Pourtant, nous nous attarderons aujourd’hui sur une inédite réellement inédite qui figurait sur la première démo de Vincent alors qu’il s’apprêtait à commencer la carrière que nous lui connaissons. Nous pouvons en dégager deux interprétations : la première se trouve logiquement dans le texte que je vous livre ci-dessous et qui relate les légers marivaudages de deux lycées sur les pelouses d’un lycée. Par-dessus la chanson, et c’est ce qui fait son originalité mais aussi sont étrangeté, est diffusée une bande son où l’on peut entendre Michel Dhrey et Jean-Paul Loth commenter un match de tennis rythmé par le bruit des balles que l’on frappe et les cris du public. La question qui se pose ici est : quel rapport entre la bande-son et le thème de la chanson ? Première interprétation : séduire une fille peut-il être considéré comme un match de tennis qui demande patience et habileté ? Deuxième interprétation : Vincent a-t-il voulu, comme il est dit plus haut, mettre en avant cette époque de l’année où se mêlent révisions d’examens sur les pelouses d’un campus et tournoi de Roland Garros diffusé à la radio ?

    Quoiqu’il en soit, il faut se rendre à l’évidence : cette chanson sur le tennis, Vincent Delerm l’a déjà écrite il y a presque dix ans et la voici  :

Court Central

Chewing-gum chlorophylle

Apprendre à jouer au tarot

A côté d’une fille

Au pied du lycée Clemenceau

Tout le monde est parti

Vers la salle A312

On est restés assis

Un peu comme ça sur la pelouse

Autour de sa taille

Il y a un pull-over qui bouge

Je voudrais qu’elle s’en aille

Plus jamais de cette pelouse …

***

**

*

Et pendant ce temps, Nadal mène quatre jeux à un dans le troisième set...


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20 février 2007

"C'est les vacances de Février..."

   batna_360g Comme c’est de saison, voici le texte de Voyage à Sestrières, morceau joué en 1997 à Louviers, à une époque où l’ont ne pensait pas que Delerm entamait déjà sa carrière. C’est ce que j’appellerais, une chanson « teenager ». Vincent Delerm en a composé quelques unes comme Le Journal de Laetitia, Le Conseil de Classe ou encore La Foire Saint Romain qui content les petites aventures quotidiennes de lycéens ou de jeunes étudiants avec leurs amis, leurs amours, leurs emmerdes, comme dirait « l’autre ». De cette période « années collèges », si je puis dire, il nous restera officiellement « Les filles de 1973 ont trente ans », souvenir d’une époque où les redoublantes fascinaient notre délégué de classe préféré, éventuellement "La Natation Sychronisée" et "Les Jambes de Steffi Graff" malgré leur manque de précision quant aux périodes traitées, voire encore « L’heure du thé » pourtant déjà plus « adulte ». Il est donc toujours très intéressant de parcourir les « premières inédites » car elles semblent être comme une étape indispensable à la compréhension de l’univers Delerm.

    Voyage à Sestrières n’est pas ma chanson préférée avec sa mélodie digne d’un Daniel Guichard qui aurait écrit pour Hélène Rolles et cette tentative poétique de faire rimer « yeux verts » et « réverbères » ou de reprendre les mots « banquette arrière » à la fin de chaque couplet de manière un peu naïve selon moi.

    Le point fort de cette chanson est cependant et sans conteste ce talent qui ne quittera jamais plus Vincent, de créer une ambiance, une intimité avec les personnages et les lieux à l’aide de simples éléments familiers. Nous trouvons déjà à l’époque la référence à « France Inter » ou bien encore au fameux « pull-over » dans lequel la dulcinée sourit. Autre rime en –ère, les énigmatiques « bonbons Panthère » , qui, me semble-t-il, ne sont rien d’autre que les délicieuses friandises Batna dont les emballages sont illustrés d’un fauve au milieu de la jungle.

    Voyage à Sestrières

C'est les vacances de février,

Sur l'autoroute c'est pas l'désert,

On a retenu un chalet,

Pour une semaine aux sports d'hiver,

Et toi tu dors sans oreiller,

Plantée sur la banquette arrière.

Et on va bientôt s'arrêter,

Bientôt s'arrêter sur une aire,

Une aire où on pourra acheter

Des frites et des bonbons Panthère,

Qu'on gardera pour le trajet,

Planqués sur la banquette arrière.

C'est les vacances de Février,

Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".

C'est les vacances de Février,

Il me reste toute une semaine

François s'en va prendre un café

Dans un distributeur trop cher,

Moi je suis restée pour garder

Les valises et puis tes yeux verts,

Qui viennent de se rallumer

Juste en dessous d'un réverbère.

Car la nuit commence à tomber,

C'est les infos sur France-Inter,

Tu finis par me demander

Si c'est encore loin Sestrières,

J'te dis qu'on est pas arrivé,

Tu souris dans ton pull-over.

C'est les vacances de Février,

Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".

C'est les vacances de Février,

Il me reste toute une semaine.

François revient l'air effaré,

Six francs quatre-vingts le super,

Et dans 15 bornes il va neiger,

Il a parlé à la caissière.

A tous les coups on va manger

Assis sur la banquette arrière.

Le rendez-vous était fixé

A dix-huit heures et des poussières,

Il reste une demi-heure bien tassée

Pour parvenir à Sestrières

Et sur le panneau c'est marqué,

Qu'on est bienvenu dans l'Isère.

C'est les vacances de Février,

Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".

C'est les vacances de Février,

Il me reste toute une semaine.

   

Merci à M.Charlotte pour la retranscription de la chanson.

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19 janvier 2007

"Il y a Jean-Marc Barr..."

clichy

   Voici le texte de l’un des morceaux de Vincent Delerm que je préfère : Place Clichy. Je ne sais pas si c’est son côté piano saccadé (un peu dans le style « Kensington Square ») qui m’envoûte à ce point ou bien si ce sont ces énumérations qui tournent en boucle sans qu’aucun refrain ne vienne les interrompre, ou bien encore le fait que cette chanson ait été interprétée au cœur de l'âge d’or « delermien » (show case RTL 2002) où Vincent avait encore ce phrasé si particulier lors de ses prestations piano – voix, mais si je devais n’en retenir qu’une, ce serait étrangement celle-là.

    Je ne suis pas spécialement une habituée de la Place de Clichy, je ne suis pas non plus une fan de Jean-Marc Barr, encore moins de Jean-Michel Jarre (souvenez-vous, celui qui se fait « stroboscoper » dans "Les Filles de 1976" !), ni même une ancienne élève de cette bonne vieille madame Boulard ! Malgré tout, lorsque l’auteur égraine les noms de lieux et de personnes qui ont constitué quelques bons moments du passé, de son passé, je suis mois aussi "toute chose" à chaque fois que retentissent les deux derniers vers de chaque couplet : « Et puis ce soir, Place Clichy ». Comme si j’y étais moi aussi, Place Clichy ; je vois les affiches du cinéma qui brillent dans la nuit, les murs sombres du lycée Jules Ferry endormi, la grande Librairie Gallimard, je bois quelques breuvages licencieux au Wepler, je sens les courants d’air de la bouche de métro, les odeurs de frites du MacDo et j’entends au loin une chanson qui s’échappe de l’Européen : « Et puis ce soir, Place Clichy »…

   

Place Clichy

Il y a des trottoirs
Des feux rouges sous la pluie
Il y a les couloirs
Du lycée Paul Valéry
Des trains en retard
Des tramway et des taxis
Et puis ce soir
Place Clichy

Il y a l'autocar
Le voyage en Italie
Mademoiselle Boulard
Dans les ruines de Pompeï
Des lumières des phares
Sur une autoroute la nuit
Et puis ce soir

La Place Clichy


Il y a Jean-Marc Barr
Dans la chambre de Séverine Petit
Du Jean-Michel Jarre
Nous sommes assis sur le lit
Combien de trottoirs
De feux rouges sous la pluie
Jusqu'à ce soir

Jusqu'à ce soir
Place Clichy

   

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27 décembre 2006

Charlotte for ever...

                                                                                               AVANT CE SOIR

club_des_cinq_79   En petit cadeau de Noël tardif, je voulais vous parler d’une chanson très inédite de Vincent puisqu’elle n’a dû être chantée que lors des premiers concerts de la tournée 2004 ainsi qu’à la Cigale de la même année. Il s’agit du morceau  Avant ce Soir  dont le titre définitif n’est pas vraiment déterminé pour les raisons que vous devinez. Certains l’appellent aussi « Le Club des Cinq ».

    Il est bon de rappeler que ce spectacle, avant d’être amputé de quelques voix off et autres transitions à rallonge qui, certes, pouvaient être très drôles mais avaient tendance à alourdir l’ensemble du concert, avait pour fil conducteur l’étrange relation entre l’auteur et la très british Charlotte Carrington, personnage récurant né dans la chanson éponyme du premier album. La fameuse Charlotte, celle qui fait des projets qui s’annulent, réapparaît donc et Vincent nous en dit un peu plus sur sa vie, ses copines mangeuses de pistaches qui décochent des phrases mythiques telles que « En même temps c’est plus facile de critiquer que d’agir », ses citations affichées sur la porte des toilettes  et autres petites excentricités.

    En même temps, détail étonnant la chanson « Charlotte Carrington » ne sera jamais interprétée lors de cette tournée si bien que l’on peut se demander si les deux sont finalement les mêmes. 

    Delerm, comme beaucoup d’auteurs aime bien plonger dans l’intimité des jeunes filles. C’est ce qu’il fait notamment dans cette chanson où il fouille les tiroirs de Charlotte comme pour fouiller dans son passé. Il est étrange cependant de constater que la soi-disant chambre de la si British Charlotte Carrington et son accent à couper au couteau soit peuplée de détails si typiquement français : « la collection de dauphins » devenus à la mode après la sortie du Grand Bleu, « Panoplie de Schtroumpfette », « Echantillons de parfum dans une chambre à Saint Malo», « Les misérables ». A qui appartiennent la version française du "Club des Cinq mène l’enquête" (*) et la maîtrise sur les nouvelles structures moléculaires ? Est-il bien dans la chambre de l’anglaise ? Dans le cas contraire, pourquoi sa voix est-elle omniprésente dans cette chanson ? Et que vient faire cette utilisation si fréquente du « vous »  ? A qui s’adresse l’auteur ? Tout ceci ressemble étrangement à l'une de ces fameuses chansons écrites pour deux, comme si un couple naissant se racontait ses histoires passées avant d'entamer la leur. "Il faudra composer avec nos histoires anciennes." Il semblerait finalement que la voix de Charlotte ait été rajoutée un peu au dernier moment, venant rendre une chanson simple un peu obscure. Dommage...

    En parcourant le texte « chanté », on retrouve cependant les ingrédients habituels du cuisinier Delerm : les posters, les lieux de visite, les noms propres, les gares, les chambres d’étudiant, les histoires d’amour qui rendent mélancoliques...

    Chanson en trois parties, comme trois parties importante de la vie, chacune étant ponctuée par un extrait littéraire dont le genre diffère sensiblement et lus par Charlotte : un passage de « Le Club des Cinq Mène l’Enquête », symbolisant l’enfance, l’introduction de la terrifiante maîtrise scientifique venant clore une époque estudiantine, et enfin une étrange lettre de rupture, où l’homme enfant encore passionné par la pop anglaise entre dans le monde des adultes et ses problèmes sentimentaux compliqués.

    Je pense personnellement que l’intérêt de ce morceau vient de ces trois extraits, qui, en concert, sont certainement passés trop furtivement sans que l’on puisse y réfléchir mais la lettre finale, notamment, est extrêmement drôle et extrêmement triste, très "delermienne" rappelant vaguement un certain Nick Hornby.

Je vous laisse apprécier.

   

La collection de dauphins

Dans une chambre à St Malo

Les échantillons de parfums

Dans le 4ème tiroir du bureau

Pas seulement les choses avouables

Panoplie de Schtroumpfette

Pas seulement "Les Misérables"

Egalement "le Club des 5 mène l'enquête"

Avant ce soir

Nos visages face à face

Par quelles histoires

Etes-vous passé depuis Fantomas 

Lalalalalala

(Extrait lu par Charlotte Carrington) Le club des cinq allait s’installer sur la plage. François déballait les provisions le panier contenait des sandwichs variés, du poulet froid, de gros gâteaux, des fruits et deux bouteilles de limonade sortant du frigo. Voilà de quoi se régallait Mick.  « Waf waf » fit Dagobert en mettant son nez dans le panier. "Je ne connais rien de plus agréable que de manger une bonne glace étendu sur le sable chaud" déclara Mick. Quelle joie de penser qu’il nous reste encore trois semaines de vacances !

Dans quel square, sur quelle pelouse

Vous a-t-on embrassé

Sous un poster de Tom Cruise

Ou au Futuroscope de Poitiers

4 années qui s'éternisent

Chambre universitaire

J'aim’rais lire votre maîtrise

Sur les nouvelles structures moléculaires

Avant ce soir

Et le plafond éteint

Quel quai de gare

Quels trajets, quels horaires de trains

Lalalalalala

(Extrait lu par Charlotte Carrington) Le développement des théories modernes sur la structure moléculaire peut être divisée globalement en trois périodes : a) Première période allant de l’acceptation de la théorie atomique au 19ème siècle jusqu’à la découverte de la structure fine des atomes vers la fin de ce siècle. b) Deuxième période allant de la découverte de l’électron jusqu’à l’avènement de la mécanique ondulatoire et couvrant les deux premières décades du 20ème siècle. c) Troisième période, celle où se sont élaborées définitivement les théories d’aujourd’hui en vigueur commençant à la découverte du caractère ondulatoire de la matière

Le visage sur l’oreiller

Avez-vous réussi

Lentement à l'oublier

Sentez-vous son parfum chaque nuit

Il faudra composer

Avec nos histoires anciennes

Elle portait des jupes plissées

Il attrapait deux angines par semaine

Lalalalalala

(Extrait lu par Charlotte Carrington) « Charlotte,  cette nuit, je me suis souvenu de la manière dont se sont séparés les Smiths après l’album Strange Ways Here We Come en 87. Il y avait juste écrit en travers d’une page du Melody Maker : « Johnny Marr est parti, les Smiths s’arrêtent ». J’avais pensé à l’époque qu’il serait difficile de formuler une séparation mieux que par cette phrase là : « Johnny Marr est parti ».  Je m’en vais ce soir et j’aime l’idée que nous nous séparons comme les Smiths, que ce sera écrit en grand après-demain, dans le Melody Maker et que cela nous fera pleurer à deux endroits différents. »

Avant ce soir

Avant ce soir

Avant...

ce soir

(*) Notons que le titre de ce roman du Club des Cinq n'existe pas. En revanche, dans la série des "Michel", il y a bien "Michel mène l'enquête".

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22 novembre 2006

Oui mais bon...

DANS LA MESURE OU IL PLEUT

Voici le texte en avant première mondiale et universelle de l'unique inédite (si on ne compte pas Les Marmots) de la tournée 2006-2007. Merci à Vindel et sa mémoire d'éléphant. ;-)

Dans le square  Nous aurions  Pu nous voir  Oui mais bon  Sur la place  Nous aurions  Pris une glace  Oui mais non  REFRAIN: Dans la mesure où il pleut  Dans celle où tu me plais  Il n'y avait rien à faire de mieux  Que ce que nous avons fait  Dans la mesure où ton corps  Me fait de l'effet  Dans la mesure où dehors  Il pleuvait   Cirque d'Hiver  Nous aurions  Vu quelques dromadaires  Oui mais bon  Olympia  Nous aurions  Vu quelques québécois  Oui mais non  REFRAIN Chez ta soeur  Nous aurions  Parlé des trente-cinq heures  Oui mais bon  Chez Michou  Nous aurions  ........................(silence voulu)  Oui mais non  REFRAIN

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15 novembre 2006

LES ADRESSES IMMOBILES

    A la demande d'Antoine, mais aussi parce que je n'ai pas le temps cette semaine d'écrire un article plus long, (ce qui ne sera pas le cas la semaine prochaine puisque je vais "vous savez où"), voici le texte d'une chanson interprétée lors de la tournée 2004-2005. Ambiance douceur pour cette ballade aux paroles un peu abstraites pour une chanson de Vincent Delerm. Cela l'était d'autant plus, qu'à l'époque, nous ne connaissions pas encore l'album Les Piqûres d'Araignée. Cette chanson me fait terriblement penser à "Voici la ville", d'ailleurs, sans doute à cause du thème mais aussi la construction des vers; on pourrait presque chanter le refrain de ce texte sur la musique de la chanson sur Rouen. Pour résumer, l'auteur, au cours de ses promenades, se dit qu'il serait bon de retourner à tel endroit où il n'a pas eu le temps de s'arrêter mais finalement, il n'y retournera jamais. Ces lieux ne verront jamais sa présence, ils demeureront comme des idées, des photos dans un coin de sa tête, ce sont des "adresses immobiles".

J'avais pensé quelques fois

"Tiens il faudrait retenir

Le nom de cet endroit

Il faudra revenir"

Je m'étais dit bien souvent

C'est une adresse à garder

Il faudra essayer ce banc

cet été

Mais dans la ville

Je m'aperçois

Ces adresses immobiles

Je n'y reviendrai pas

Mais dans la ville

Je m'aperçois

Ces journées d'avril

Ce n'était que toi

La pensée m'était venue

C'est un café idéal

Pour parcourir le compte-rendu

d'un 8ème de finale

L'idée m'avait traversé

En t'embrassant sur la place

D'y retourner chaque année

Début mars

Mais dans la ville

Je m'aperçois

Ces adresses immobiles

Je n'y reviendrai pas

Mais dans la ville

Je m'aperçois

Ces journées d'avril

Ce n'était que toi

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14 novembre 2006

Calmons-nous calmement

LA POSITION DES MANGEUSES DE BRUGNON

Voici les paroles d'une chanson interprétée pour la première fois en ouverture des concerts donnés aux Bouffes du Nord en juin 2004. Elle a ensuite figuré dans le spectacle unique au Trianon, où Vincent était l'invité d'honneur de la Nuit des Musiciens en décembre 2005. C'est le type même d'inédites qui s'échangent entre fans avec plus ou moins de difficulté et qui ne seront sans doute jamais enregistrées officiellement. Que dire de cette chanson sinon qu'elle semble annoncer, dans une certaine mesure, "Sépia plein les doigts": certaines choses ne changent pas malgré les apparences. Notons aussi le clin d'oeil au copy-control et à l'ADSL qui fait tant de remous et de débats dans le milieu de la musique. En d'autres termes, dit Vincent, ne nous inquiétons pas, certaines choses merveilleuses ne disparaitront jamais, comme la position si sexy des filles sur les capots brûlants des voitures et dont le jus de brugnon coule dans leur décolleté du mois d'août. Nous frôlons l'érotisme! Cependant, permettez-moi de douter pour rire de la véracité de cette affirmation. Nous ne sommes pas sans savoir que le brugnon, fruit européen, juteux et dont la chair a la particularité d'être attachée au noyau, a bel et bien disparu de nos grandes surfaces, détrôné par la nectarine, fruit de la même famille, créé par les Américains et dont la chair, moins fragile et donc moins juteuse, ne s'abîme pas lors de son transport. "Par conséquent", j'en conclus, au terme de cette analyse des plus profondes que les mangeuses de brugnon sont condamnées à disparaître. Heureusement, il nous reste les pêches...

La position

Des mangeuses de brugnons

Le 14 août

Sur les aires d’autoroute

Un bras ballant

Près des capots brûlants

L’autre occupé

A faire dégouliner

Le fruit gorgé

Ailleurs que sur les pieds

La position

des mangeuses de brugnons

Ne changera pas

J’ai confiance quelle que soit

L’évolution

Des communications

Le control-copy

Internet haut débit

Par conséquent

Calmons-nous calmement

Par conséquent

Calmons-nous calmement …

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12 novembre 2006

Dans un vieux pub anglais...

THE DE CHINE OU DE CEYLAN

Merci, Vincent, merci Vincent pour cette reprise de Philippe Chatel chantée lors d’un rappel, aux alentours de 2004. Merci de m’avoir fait découvrir ce morceau que je ne connaissais pas et dont je n’ai jamais entendue l’originale. Chacun sait qu’il est tellement difficile de trouvez des albums CD de Chatel, ce chanteur si méritant, si talentueux, si bourré d’émotions et qui pourtant n’est aujourd’hui pratiquement connu que pour son petit chef-d’œuvre d’Emilie Jolie !

Cette chanson lente n’a pas de refrain, elle n’en est que plus troublante. Troublante aussi par son mystère. Un homme boit du thé à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Qui est-il ? Un soldat ? Que fait-il à Londres pendant que ses compatriotes sont au front ? Qui est cette personne qui doit arriver par un « bateau de patrouille » ? Une femme ? Française ? Peu importe finalement puisque tout que qui compte pour l’auteur, c’est ce sentiment douloureux d’un amour déçu, bien plus fort que la souffrance d’une guerre ou que la liesse populaire à la libération d’un pays. « Et je marchais la nuit au milieu de leur joie, La guerre était finie, ça n’m’intéressait pas. »

Etait-ce du thé de Chine ou du thé de Ceylan,

Que je buvais alors en t’attendant ?

Dans ce vieux pub anglais bien au nord de Mayfair,

Je ne m’en souviens plus, je ne m’en souviens guère

La radio annonçait la dernière offensive

Et j’attendais en vain au bord de la Tamise

Ce bateau de patrouille qui n’arrivait pas,

Je ne t’ai pas revue et l’on ne savait pas.

Les Anglais racontaient que la trêve était proche,

Ils avaient de l’espoir jusqu’au fond de leurs poches

Tandis que je tissais la toile de l’ennui

Dans un imperméable aux couleurs de la pluie.

Tu n’es jamais venue, je me souviens très bien

D’avoir jeté mes clefs dans l’herbe d’un jardin

Et je marchais la nuit au milieu de leur joie

La guerre était finie, ça n’m’intéressait pas

Je fus rapatrié par un avion Air Force

Avec des Parisiens, des Normands et des Corses

Qui brandissaient, vainqueurs, le drapeau de la paix

Et j’étais seul au monde, personne ne savait.

J’ai retrouvé mon père, ma mère et ma maison

Les tickets et les cartes d’alimentation

Et l’on faisait la queue pour la viande et le pain

Mais je ne mangeais pas, mais je n’avais pas faim.

Est-ce du thé de Chine ou du thé de Ceylan

Que je bois chaque jour quand je pense à ce temps

J’y réserve toujours un coin de mes journées

Et les gens qui me voient disent que j’aime…

…le thé.

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09 novembre 2006

Je veux passer la vie, Comm