20 mars 2007
De la sexualité du hérisson
Les Agités du Bocal est une émission supposée être divertissante qui passe sur France 4. Une sorte de Méthode Cauet du pauvre. Moi qui ne suis pourtant pas une adepte d’ARTE et des émissions littéraires, j’ai quand même été atterrée par la bêtise qui règne sur le plateau de cette émission. Tout est bon pour se moquer des invités. Pour ne citer que lui, Vincent Delerm, en vedette de l’émission a été traité entre autre de « tout maigre » « qui ne ressemble à rien ». Je ne vous parlerai pas de François Morel dont le physique a été jugé « ingrat »… Delerm a eu beau critiquer Cauet ou Patrick Sébastien lors de l’émission de Canal Plus, « En Aparté », il semble que les jeunes présentateurs de la TNT ne soient pas non plus avares de réflexions racoleuses et peu gratifiantes. Malgré tout, je vous livre ici les moments phares de ce bocal à malices, les réponses données par Vincent étant pour la plupart inédites.
L’émission débute par un chronique au cours de laquelle l’un des présentateurs rigolards explique à renfort de photos montages que Vincent Delerm, sous ses airs de grenouille qui n’a rien d’un Robbie William est en fait un Prince Charmant qui raconte des histoires drôles pour séduire les filles, et qui devient tour à tour un lapin câlin armé d’un godemiché, un Monsieur Propret ou un Delermiol avec pyjama et bonnet de nuit.
Truculent, n’est-il pas ?
S’ensuit une série de publicités étrangères d’un finesse indescriptible dont les thèmes sont pour résumer : les films porno, les femmes qui rotent, les hommes aux cabinets et autres petites joyaux subtils. Vincent essaie de faire bonne figure mais la lueur de son regard dit plutôt « Mais qu’est-ce que je fous là ? » Le questionnaire de Proust, que j’appellerais plutôt ici le questionnaire de « prout », comporte cependant des réponses qui peuvent vous intéresser. Les voici :
Vincent, à l’étonnement général sur le plateau, aime le football. Il déplore que la plupart des matchs et émissions sur son sport préféré soient diffusés le mercredi soir, jour des concerts. Crème connaît les même problèmes quand elle rate un concert de Vincent Delerm à cause d’un conseil de classe tardif. Chacun sa croix…
Vincent n’est pas déçu de ne rien avoir gagné aux Victoires de la Musique. Il remarque que cela fait déjà deux fois que les journalistes lui posent cette question depuis ces Victoires. Il aurait été gêné de gagner face à quelqu’un comme Bénabar qui a existé plus que lui cette année. Crème pense que de toute façon, il vaut mieux avoir un succès discret car le public et les médias aiment détruire ce qu’ils ont adoré. Et puis de toute façon, Benabar en aurait fait une jaunisse s’il n’avait pas gagné.
Vincent avoue que les critiques à son égard sont parfois difficiles à digérer et que cela peut l’empêcher de créer sur le moment mais qu’après un bon petit déjeuner, le lendemain, tout va mieux. Crème pense que oui, le petit déjeuner est un repas important.
Vincent comprend qu’on l’ait trouvé arrogant à ses débuts car il avait une attitude à l’écran qui pouvait le laisser penser (air de s’ennuyer, main sous le menton, soupirs…) mais qu’il essaie maintenant de faire des compromis et d’avoir l’air plus enthousiaste lors des émissions. Il a ajouté que l’affaire Guillon a beaucoup joué dans cette image de chanteur méprisant car on en a beaucoup parlé. Crème a remarqué effectivement que depuis la sortie des Piqûres, Delerm a toujours l’air énergique, voire radieux sur les plateaux télé. Elle se souvient avoir lu dans une interview que Vincent a déclaré que faire de la télévision demandait des efforts et que depuis qu’il essayait de faire bonne figure sur le petit écran, les gens s’en étonnaient presque et lui disaient « Tiens t’avais l’air en forme à l’émission de Machin ! »
Vincent a déclaré que Jean Rochefort a failli être invité à la Cigale pour chanter les Eaux de Mars. Crème garde un souvenir ému de Winnie l’Ourson qui passait le dimanche soir sur FR3.
Vincent s’est vu demander quel animal sexuel il était…à question idiote, réponse idiote, il a choisi le hérisson, en disant que ceux qui voulaient en savoir plus pouvaient se connecter se des sites Internet animaliers. Crème pense qu’il a dit n’importe quoi et qu’il est inutile de faire des recherches, ce mammifère ne comportant visiblement pas de particularité sexuelle. Ce choix n’est cependant pas innocent. Le hérisson est en effet un animal à l’apparence inoffensive et attendrissante, mais qui se met en boule et sait piquer au moindre danger. Espérons que Vincent ne finira pas sous les roues d’une voiture…
Vincent a avoué avoir failli perdre sa virginité à l’âge de 15 ans dans un parc en Angleterre mais que sa vraie première fois avait eu lieu à 20 ans. Crème trouve ça dommage que quelqu’un raconte ce genre d’expériences personnelles à la télé mais peut-être que Crème est un peu trop romantique…
Vincent a levé le mystère : il n’a aucun désir pour les hommes. Il est très tactile avec les gens mais l’homosexualité, ce n’est pas pour lui. Crème pense que certains de ses fans vont être déçus.
Vincent n’a pas donné de chiffre quand on lui a demandé pour quelle somme il se prostituerait. Crème pense que ceux qui ont écrit le questionnaire ont quand même vraiment touché le fond et qu’Ardisson doit se retourner dans sa tombe..ah ben non c’est vrai, il est pas mort, il est juste sur Canal+ !
Vincent n’a pas vraiment su dire ce qui pouvait être mieux que le sexe en ajoutant que le sexe, c’était pas toujours génial et que cela pouvait être raté. Crème aurait répondu le chocolat blanc Galler qui, lui, la comble à tous les coups…
Vincent a expliqué que son premier salaire de chanteur a été une première partie de Jean Sommer à Louviers. Crème se souvient que ce concert a eu lieu en 1997 et qu’il a contenu la plupart des morceaux inédits et très recherchés de Vincent.
Vincent dit qu’il gagne une somme fixe de 10 000 francs par concert mais que lors de la tournée Kensington Square, il gagnait plus car il était seul en scène mais avait déjà du succès. Crème pense sérieusement à se mettre au piano…
Vincent aurait aimé travaillé dans un zoo, parce qu’il trouve ça génial de voir des éléphants et des autruches avec les bagnoles de la ville qui passent derrière. Crème aussi adore les zoos et conseille à ses lecteurs de visiter le zoo de Londres qui est l’un des plus beaux qu’elle ait jamais visité.
Vincent confesse avoir volé un jouet (une sorte de playmobil mais en plus grand) dans une maison de la presse quand il était petit et que lorsque ses parents s’en sont aperçus ils l’ont forcé à aller le rapporter et à avouer son larcin. Crème pense juste que « qui vole un œuf, vole un bœuf »…
Vincent se fait prélever automatiquement une certaine somme pour AIDS.
Vincent ne pense pas avoir jamais risqué sa vie.
Vincent a du mal à accepter la mort d’un membre de son entourage car il n’a jamais été vraiment confronté au malheur et que cela pourrait peut-être le pousser au suicide. Il préfère mourir vieux que de passer sous un bus. Il choisit de ne pas répondre à la question « qu’est-ce qu’il y a après la mort ? » Crème suspecte Delerm de ne pas croire en Dieu mais de ne pas avoir osé l’avouer mais cela n’engage que Crème qui n’a aucune preuve de ce qu’elle avance.
Vincent dit qu’il n’est pas du genre à assassiner quelqu’un mais qu’il serait plutôt du style à ruminer sa vengeance et à tuer la personne petit à petit, un membre après l’autre. Crème se dit qu’elle a intérêt à faire attention à ce qu’elle écrit sur son blog.
Vincent a dit que sa tournée s’arrêtait le 1er Juin à l’Olympia. Crème remarque qu’il n'a pas dit s'il jouerait dans des festivals d’été et versera sans doute sa petite larme d’adieu et de crocodile le 1er juin…
Voilà, vous pouvez éteindre votre téléviseur et reprendre une activité normale !
11 mars 2007
L'après Victoires de La Musique 2007
Vous remarquez que je n'ai pas écrit d'article sur cette soirée pourtant forte en moments delermiens. Non. Je ne vous parlerai pas de Vincent en train de reprendre un extrait de "Déshabillez-moi" pour Juliette Greco, je ne vous parlerai pas du moment inattendu où il s'est levé alors qu'il n'avait pas gagné la Victoire du Meilleur Clip mais simplement pour montrer son bô tee-shirt "I Love Rochefort", je ne vous parlerai pas non plus de Philippe Katerine, Bénabar et Sanseverino qui faisaient les choeurs avec lui sur "Il fait si beau"... Pourquoi? Et bien tout simplement parce que tout a déjà été dit sur Les Gens dans Des Cases où Aimelle, ma Miss Hyde, et ses compagnons de forum s'en sont donnés à coeur joie entre commentaires plus ou moins pertinents, captures d'écran, extraits, liens en tout genre. Bonne lecture!
06 mars 2007
Au nom du père... (Chapitre 1)
La relation entre Vincent Delerm et son père fascine et inspire. Agnès s'est penchée sur les oeuvres des deux hommes et nous propose de parcourir les douces et troublantes similitudes entre les deux univers:
Philippe et VincentDelerm
Univers croisés
Avant de se faire un prénom, Vincent Delerm a commencé par être le « fils de » Philippe Delerm, écrivain, qui accède à la notoriété en 1997 avec « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ». Succès phénoménal, qui fera connaître son nom et lancera véritablement sa carrière d’écrivain. L’univers de Philippe Delerm est aisément reconnaissable, et Vincent en a certainement été baigné toute son enfance et son adolescence. D’ailleurs, les « professeurs de lettres, branchés sur France Inter et qui votent pour les Verts » qui commencent « Tes parents » sont vraisemblablement un hommage à Philippe et Martine Delerm, eux-mêmes professeurs de lettres. On croise en effet chez eux le chauffage à 17° et l’album sur Colette (« Le Bonheur ; tableaux et bavardages »).
L’entrée en littérature de Philippe Delerm a lieu en 1983 avec « La cinquième saison », roman mélancolique sur l’absence. On y trouve déjà des thèmes qu’il développera ultérieurement. Comme dans « Cosmopolitan », la solitude est au cœur du livre ; mais ici, ce n’est pas une rupture mais un deuil qui sépare de l’être aimé. Deux livres de Philippe Delerm sont largement autobiographiques : « À Garonne », qui retrace l’histoire de sa famille en particulier de la branche paternelle ; la naissance et les premières années de Vincent y sont évoquées à la fin du livre ; et surtout « Le bonheur - Tableaux et bavardages » qui donnent parfois l’étrange impression de feuilleter l’album photo des Delerm, et d’y rencontrer le fantôme de l’enfant que fût Vincent … « Mister Mouse » n’est pas réellement autobiographique … mais le lecteur du « bonheur » fera aisément la transposition Jeremy-Philippe, Emily-Martine et Mortimer-Vincent (reste une petite sœur de fiction). « La sieste assassinée » figure parmi les recueils de Philippe Delerm composés de brefs tableaux juxtaposés (définis par l’auteur dans « Mister Mouse » comme « des aquarelles, des petites gouaches, des esquisses »). Dans « il va pleuvoir sur Roland Garros », on trouve l’inspiration tennistique également présente chez Vincent : John McEnroe, croisé dans « Puissance quatre », Sergio Brugera (« La natation synchronisée ») et surtout « Les jambes de Steffi Graf » (où on voit aussi Gabriela Sabatini). Le cinéma (« Fanny Ardant ») est présent dans « la voix du doublage » ; « L’heure du tee » rappelle étrangement « L’heure du thé » bien que les contenus diffèrent radicalement : le tee dont-il s’agit est en effet celui utilisé par le buteur au rugby (!). On croise « Marine » dans « À l’envers des paupières ». Et si Vincent hésite dans « Il fait si beau » à laisser entrer les témoins de Jéhovah, Philippe a moins de scrupules à les laisser sur le paillasson (« La vérité»).
On trouve finalement moins de correspondance dans « La première gorgée de bière… » . À noter quand même « Le paquet de gâteaux du dimanche matin », qui résonne avec l’hilarant monologue précédant « Les assiettes » (« pas un gâteau, mais plusieurs petits… »), et « Le cinéma » et « Le pull d’automne », grandes constantes delermiennes. « Enregistrements pirates » comprend un texte dédié au théâtre (« comme une absence »), où, lors d’un monologue (Shakespearien ? ), l’esprit de l’auteur s’échappe… mais lui ne quitte pas la salle. Encore au spectacle, « On n’est pas couchées ! » décrit cet instant suspendu, où certains mettent leurs manteaux et sortent, pendant que d’autres continuent d’applaudir pour obtenir un rappel. Notons que le chanteur revient quatre fois chez Philippe Delerm, on s’en souviendra une prochaine fois ! Dans « Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables », notons un hommage à Renaud, « Mistral toussant » (comme quoi chez les bobos, il y a Delerm père et fils !). Enfin, « Voici ma ville » chante en clair-obscur Rouen, à qui Philippe a rendu, avant son fils, un vibrant hommage (« Rouen »). Le dernier opus paru (« La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives ») n’est pas une compilation d’exploits guerriers, comme certains peu au fait du sport cycliste pourraient le croire (la tranchée d’Arenberg dont il est question est un passage mythique de la course Paris-Roubaix). Le stress paternel lors des compétitions de tennis de table de Vincent y est décrit dans « cocotte nerveuse ».« Il avait plu tout le dimanche » est un court roman (ou une longue nouvelle). Le héros y parcourt la géographie parisienne et en particulier le square Carpeaux (celui du « Baiser Modiano » - le nord parisien (où s’est déroulée l’enfance de Martine Delerm ?) figure d’ailleurs souvent en arrière plan chez Philippe Delerm). L’unique voyage à l’étranger du héros se déroule à Ostende, dont la plage n’est pas sans rappeler « Deauville sans Trintignant ». « L’envol » est une nouvelle où le héros voit sa vie basculer après la visite d’une exposition sur Jean-Michel Folon. La peinture est un élément important de l’univers delermien et dans « Le bonheur- tableaux et bavardages » , on apprend que de nombreuses affiches sont sur les murs de la maison … Affiche qui est le thème de « 29 avril au 28 mai » (titre un peu obscur – ce sont les dates d’une exposition au Grand Palais d’un peintre jamais cité). « Panier de fruits » est une nouvelle caustique sur un écrivain malchanceux en littérature, qui devient millionnaire en écrivant les paroles d’un tube… L’avis de l’auteur sur l’univers impitoyable du show-biz : « Je connaissais encore bien mal le monde démoniaque du show-biz, mais une loi me semblait fonctionner sans redouter d’exceptions : plus c’était nul, mieux ça marchait. De toute façon, les bons chanteurs n’avaient pas besoin de mes paroles. Et quant aux autres… ». On ne saurait dire mieux !
Oeuvres de Philippe Delerm (extrait) :
« La cinquième saison » Éditions du Rocher, 1983
« Le bonheur- Tableaux et bavardages » Éditions du Rocher, 1986
« Rouen » (collection « Des villes ») Éditions Champ Vallon , 1987
« Mister Mouse » Éditions du Rocher, 1994
« L’envol » Éditions du Rocher, 1996
« La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » Éditions
Gallimard-L’arpenteur, 1997
« Il avait plu tout le dimanche » Mercure de France, 1998
« Panier de fruits » Éditions du Rocher, 1998
« La sieste assassinée », Éditions Gallimard-L’arpenteur, 2001
« Enregistrements pirates », Éditions du Rocher, 2003
« Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables » Éditions
Gallimard-L’arpenteur, 2005
« À Garonne » NiL éditions, Paris, 2006
« La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives ». Édition
Texte et recherches par Agnès.
Photo tirée du Figaro.
26 février 2007
le Spleen selon Jill
Vincent Delerm, on l’aime parce qu’il fait un peu partie de nous. Sa « normalité », c’est sa force et la raison pour laquelle il nous touche tant. On se retrouve dans ses chansons, dans ses expressions, même dans son attitude. Vincent Delerm n’a pas réellement d’influence sur notre vie car il est notre vie. J’ai pensé intéressant d’ouvrir une catégorie dédiée aux admirateurs de Vincent, ceux que l’on appelle vulgairement les « fans », mais qui pourraient très bien être de ses amis.
Julien fait partie de l’un d’eux. Ce garçon m’a beaucoup touchée par sa jolie voix mais aussi par l’humilité et la douceur avec lesquelles il interprète ses morceaux. Son nom d’artiste est Jill et il s’est reconnu dans une facette spécifique de Delerm, que l’on pourrait appeler la facette "mélancolique". Ce jeune monteur son / sound designer de 27 ans fait de la musique en autodidacte; il joue de la guitare et du piano dans sa chambre et entre deux compositions personnelles, en 2006, il s’est pris à reprendre certaines chansons de Vincent, chansons qui, souvent, correspondent pour lui à un sentiment de « spleen ».
"Spleen", c’est son concept que vous pouvez retrouver sur ce lien. Vous y entendrez certaines reprises telles que "Le Baiser Modiano", "Ambroise Paré", "Slalom Géant", ainsi qu’une chanson de sa composition "Les plus belles histoires" que je vous conseille.
Crème : Pourquoi as-tu décidé de reprendre des chansons de Vincent Delerm ?
Jill : En fait, j’avais envie d'essayer, en parallèle de New Dark Land qui est un concept pas mal travaillé, d'aller vers la simplicité, le dépouillement, et le piano-voix. Même si j'enregistre le piano et la voix séparément, et même si parfois le piano est quantizé (programmé), je tiens à garder un esprit live, un peu brut. Sinon artistiquement j'adore ses chansons, dans leur construction, leur humour, leur arrangement. C'est aussi nouveau pour moi de chanter exclusivement en français, sur des chansons à texte.
Crème : Comment s’opère le choix des morceaux ?
Jill : Mon choix dans les chansons de Delerm est très simple, je prends celles que j'arrive à jouer ! J'adorerais reprendre "Deauville sans Trintignant" par exemple (rien que pour sampler le film Un Homme et Une Femme, filtrer la voix de Jean Louis Trintignant, et faire mon propre montage de son intervention) mais je n'y arrive pas...
Crème : J’ai remarqué que les chansons que tu reprends sont souvent des chansons lentes…
Jill : C'est pas forcément les chansons lentes, "Veruca Salt" est assez speed d'ailleurs. En parlant de vitesse, j'ai honteusement accéléré "Slalom Géant" ... D’ailleurs, j’aime des chansons plus rapides comme "Le Monologue Shakespearien", "Fanny Ardant", "Il fait si beau"…
Crème : En quoi ces chansons sont importantes dans ta vie ?
Jill : Pour moi les chansons que je reprends sont à la fois très importantes et pas importantes du tout. C'est pas important dans le sens ou c'est amateur, anecdotique, superficiel et c'est "juste une chanson" et c'est important car j'y met personnellement du sens, ça raconte quand même quelque chose. Les deux états existent en même temps, c'est un peu comme de la physique quantique. Pour donner des exemples précis, j'ai un peu halluciné quand j'ai écouté la chanson "Ambroise Paré" car elle décrivait strictement la situation dans laquelle je me trouvais en septembre 2006 : mon père a passé 2 semaines à Ambroise Paré et il est mort d'un cancer peu de te temps après. En plus Vincent donne la date du 5 septembre qui est celle de mon anniversaire, 1 chance sur 365 ! Bref pour moi, le fait de reprendre cette chanson, de la faire exister, cela me permet à côté de vider son appartement, de jeter ses affaires, de compenser en quelque sorte.
Crème : Explique-nous ce concept de « spleen ». C’est quoi pour toi, le « spleen » ?
Jill : Ma définition du spleen est celle de la mélancolie. C'est aussi bien sûr une référence à Baudelaire et ses fleurs du mal. L'idée est de transformer cette partie en moi, ce côté obscur, en quelque chose de positif, pas dans le sens joyeux, mais dans le sens : créer quelque chose à partir de la tristesse, de la nostalgie. En l'occurrence des chansons. C'est une question assez récurrente chez les artistes : comment créer? Est-ce qu'il faut forcement être malheureux ?
Crème : Ta chanson « Les plus belles histoires » m’a interpellée parce qu’elle est très « delermienne » et j’ai aussi trouvé que ça rappellait le groupe Indochine !
Oui, j’ai beaucoup aimé Indochine et notamment l'album solo Dans la Lune de Nicola Sirkis. J’ai repris certains de leurs morceaux. "Les plus belles histoires" me permettent d'avouer pas mal de choses qu'il serait difficile de dire ouvertement, réellement, sans passer par le détour de la chanson. Elle m’a été inspirée par mes expériences personnelles mais comme dit Vincent Delerm dans « Natation Synchronisée », tout le monde y retrouvera des bouts de sa propre vie. D’ailleurs, Vincent a dit une chose très importante pour moi : « C’est toujours quand on parle des situations qu’on croit les plus personnelles qu’on trouve un écho le plus grand chez les gens. »
Merci à Jill pour cette petite interview. Vous pouvez trouvez certaines de ses chansons composées en 2003 sur ce lien mais je crois que je préfère quand il écrit ses textes lui-même.
20 février 2007
"C'est les vacances de Février..."
Comme c’est de saison, voici le texte de Voyage à Sestrières, morceau joué en 1997 à Louviers, à une époque où l’ont ne pensait pas que Delerm entamait déjà sa carrière. C’est ce que j’appellerais, une chanson « teenager ». Vincent Delerm en a composé quelques unes comme Le Journal de Laetitia, Le Conseil de Classe ou encore La Foire Saint Romain qui content les petites aventures quotidiennes de lycéens ou de jeunes étudiants avec leurs amis, leurs amours, leurs emmerdes, comme dirait « l’autre ». De cette période « années collèges », si je puis dire, il nous restera officiellement « Les filles de 1973 ont trente ans », souvenir d’une époque où les redoublantes fascinaient notre délégué de classe préféré, éventuellement "La Natation Sychronisée" et "Les Jambes de Steffi Graff" malgré leur manque de précision quant aux périodes traitées, voire encore « L’heure du thé » pourtant déjà plus « adulte ». Il est donc toujours très intéressant de parcourir les « premières inédites » car elles semblent être comme une étape indispensable à la compréhension de l’univers Delerm.
Voyage à Sestrières n’est pas ma chanson préférée avec sa mélodie digne d’un Daniel Guichard qui aurait écrit pour Hélène Rolles et cette tentative poétique de faire rimer « yeux verts » et « réverbères » ou de reprendre les mots « banquette arrière » à la fin de chaque couplet de manière un peu naïve selon moi.
Le point fort de cette chanson est cependant et sans conteste ce talent qui ne quittera jamais plus Vincent, de créer une ambiance, une intimité avec les personnages et les lieux à l’aide de simples éléments familiers. Nous trouvons déjà à l’époque la référence à « France Inter » ou bien encore au fameux « pull-over » dans lequel la dulcinée sourit. Autre rime en –ère, les énigmatiques « bonbons Panthère » , qui, me semble-t-il, ne sont rien d’autre que les délicieuses friandises Batna dont les emballages sont illustrés d’un fauve au milieu de la jungle.
C'est les vacances de février,
Sur l'autoroute c'est pas l'désert,
On a retenu un chalet,
Pour une semaine aux sports d'hiver,
Et toi tu dors sans oreiller,
Plantée sur la banquette arrière.
Et on va bientôt s'arrêter,
Bientôt s'arrêter sur une aire,
Une aire où on pourra acheter
Des frites et des bonbons Panthère,
Qu'on gardera pour le trajet,
Planqués sur la banquette arrière.
C'est les vacances de Février,
Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".
C'est les vacances de Février,
Il me reste toute une semaine
François s'en va prendre un café
Dans un distributeur trop cher,
Moi je suis restée pour garder
Les valises et puis tes yeux verts,
Qui viennent de se rallumer
Juste en dessous d'un réverbère.
Car la nuit commence à tomber,
C'est les infos sur France-Inter,
Tu finis par me demander
Si c'est encore loin Sestrières,
J'te dis qu'on est pas arrivé,
Tu souris dans ton pull-over.
C'est les vacances de Février,
Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".
C'est les vacances de Février,
Il me reste toute une semaine.
François revient l'air effaré,
Six francs quatre-vingts le super,
Et dans 15 bornes il va neiger,
Il a parlé à la caissière.
A tous les coups on va manger
Assis sur la banquette arrière.
Le rendez-vous était fixé
A dix-huit heures et des poussières,
Il reste une demi-heure bien tassée
Pour parvenir à Sestrières
Et sur le panneau c'est marqué,
Qu'on est bienvenu dans l'Isère.
C'est les vacances de Février,
Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".
C'est les vacances de Février,
Il me reste toute une semaine.
Merci à M.Charlotte pour la retranscription de la chanson.
15 février 2007
J'ai aimé Barbara Carlotti
Avant-hier, j’ai réussi à vaincre mon épuisement de fin de trimestre pour monter jusqu’à La Cigale où se produisait Barbara Carlotti, cette chanteuse classieuse d’origine corse qui fait une pop aux accents 60s. Une sorte de Jacques Dutronc au féminin.
C’est toujours intéressant de faire son entrée dans une salle de concert. On ressent tout de suite l’ambiance : si l’artiste est issu d’une grosse maison de disque ou d’un petit label, s’il connaît une franche réussite populaire ou, plus modeste dans son évolution vers le succès, si son public sera en grande partie composé d’amis et de membres de la famille, de fans assidus ou de bobos avides de nouveautés.
Mardi, c’était un spectacle très familial. La salle regorgeait de gens qui se connaissaient tous et qui s’interpellaient d’un bout à l’autre de la salle « Eh ! Michel ! T’as vu Audrey ? » « Oui, elle arrive mais elle vient en taxi parce que sa mère a du mal à marcher ! » Pourtant, la salle a fini par se remplir doucement, malgré l’attroupement au stand des invitations qui empêchait l’entrée aux pauvres excentriques qui avaient eu l’idée saugrenue de payer leur place.
En première partie, cependant, arrive sur scène une fille en robe René Dehry et incontournables bottes cavalières ; guitare sèche, grigri accroché à la sangle, mèche brune qui cache les yeux, jolie voix cassée, des paroles inoubliables telles que « Je meurs et je mords » ou « Qu’importe l’endroit, je suis toujours à l’envers »…véritable proie potentielle pour une imitation par la chanteuse Anaïs ! Cette jeune fille, j’en parle parce que vous en avez sans doute entendu parler : c’est Rose, la fameuse interprète de La Liste dont vous avez certainement vu le clip sur M6 et la pub sur TF1.
Quel rapport avec Vincent Delerm, me direz-vous ? AUCUN ! En tout cas, s’il y a un rapport, je n’en ai pas eu connaissance. En revanche, Barbara Carlotti, en deuxième partie a eu quelquefois affaire au héros de ce blog :
Tout a commencé le 21 juin 2006, lors de la Fête de la Musique à la Maroquinerie où se sont réunis divers artistes tels que Cali, -M-, Alexis HK, Jeanne Cherhal, Albin de la Simone, Franck Monnet ainsi que cette chère Barbara. Je connaissais juste sa chanson phare, Cannes, qui, à l’époque, passait en boucle sur radio Néo et pour laquelle je n’avais pas eu de coup de foudre particulier. Ainsi, lors de cette soirée à la Maro, Delerm est arrivé sur scène, une feuille de papier à la main, et a présenté Barbara, sexy à mourir dans sa robe en satin et ses talons aiguilles :
- L’artiste qui va venir maintenant, c’est une petite nouvelle dans la classe, il va falloir être très gentil avec elle, explique Vincent.
- Je n’étais pas très bonne à l’école, répond Barbara depuis son tabouret de bar.
- Je ne vois pas le rapport ! répond le mufle Delerm avant d’entamer un duo sur la chanson Cannes.
Ce morceau seyait très bien à Vincent, d’ailleurs, je ne sais si c’est à cause du name-dropping en veux-tu en voilà où du rythme un peu lancinant en adéquation avec sa nonchalance dandy dont il sait parfois user.
Sur la croisette, Nicole Croisille
lance un grand rire de pacotille
Que de belles filles !
15 jours à Cannes
Tout est possible !
Depuis, sans parler de réelle collaboration, les chemins de Barbara et Vincent se sont croisés plusieurs fois, notamment à Troyes, Toulouse (et bientôt à Cannes) où Mademoiselle a fait la première partie de Monsieur. Des spectacles de rêve, en somme. Même si le style de Barbara est logiquement plus féminin, mais aussi plus sensuel, plus onirique, plus Art-déco (je ne peux m’empêcher de penser à des artistes comme Francis Scott Fitzgerald, Françoise Sagan, Cocteau, Mucha ou Tamara de Lempicka…), tous deux ont en commun de savoir cultiver désinvolture et profonde mélancolie, élégance et humour amer, fleurs coupées et coupes de champagne avec ce côté à la fois traînant et drôle, distant mais plein de malice.
J’ai aimé Barbara Carlotti à la Cigale. J’ai aimé ses courbes charnues dans sa robe noire dont les bretelles glissaient, j’ai aimé son sourire franc, j’ai aimé sa voix chaude aux vibratos montants un peu désuets, j’ai aimé son déhanchement du haut de ses talons aiguilles en astracan, j’ai aimé sa façon de parler faussement hautaine qui avait du mal à se prendre au sérieux, j’ai aimé la reprise délicieuse de la chanson de Fernandel « Le tango Corse », son guitariste somnolant Jean-Pierre Petit, revêtu d’un pyjama et oreiller dans les bras. J’ai surtout aimé ne pas totalement adopter Barbara Carlotti. J’ai aimé demeurer quelque part en retrait face à cette prestation, restant un peu sur ma faim et en me disant que la prochaine fois, ce serait encore mieux.
Copyrights photo 1: Gérard Monico (Troyes 11/11/06) 2: site Barbara Carlotti
Pour voir des photos du spectacle à la Cigale, c'est par ici!
11 février 2007
Les Voyages Immobiles
"Avec ta tête de fille qui pense
A Marrakech pour les vacances
Avec ma tête de type qui dit
"sinon, on peut rester ici …" Les Marmots
Bouge-t-on beaucoup dans les chansons de Vincent Delerm ? Son répertoire prête-t-il au voyage ? Pas vraiment dirons-nous, même si les séjours passés dans sa jeunesse en compagnie de ses parents (Londres, Prague, Scandinavie…), ou de ses amis (Italie, Mexique…) ont tendance à nous embarquer de plus en plus souvent vers des contrées plus ou moins exotiques. Pourtant, malgré ces diverses escapades, notre ami ne semble pas encore être devenu le grand seigneur du jet-lag et il n’est pas inconcevable que le guide du Routard du Sri lanka ne lui donne encore quelques frissons d’effroi. « Je n’ai plus peur de l’avion », a-t-il déclaré fièrement lors d’une émission radio récente, lui qui n’a traversé l’Atlantique pour la première fois qu’au début des années 2000, à l’occasion de concerts canadiens. En outre, celui qui n’était « pas chaud » pour partir en vacances à Naples avouera au magasine Ushuaia concernant son voyage au Mexique: « Il était improbable que je puisse voyager aussi loin. »
Pas étonnant, dans ces conditions, que les ballades delermiennes se limitent encore aujourd’hui à des promenades de l’esprit, à des visites dans le monde de l’intime plutôt qu’aux grands espaces altruistes et terre-à-terre qu’ont su si bien nous conter certains Bernard Lavilliers et autres Claude Nougaro. C’est sans doute un peu la marque de fabrique de la « nouvelle génération de chanteurs pour bobos », comme diraient des journalistes sans imagination. Mais c’est aussi parce que, où qu’on aille, l’on ne peut se séparer de « soi-même », de ses maux intérieurs, pour reprendre l’idée d’Alain de Botton, auteur de L’Art du Voyage.
Si l’on analyse un peu les textes de Vincent, nous remarquerons que les voyages ne deviennent précieux que parce que s’y raccrochent des souvenirs personnels : un voyage = une fille, que ce soit à Naples, Prague, Londres, Sestrière ou la Norvège ! Dans d’autres cas, le voyage équivaut à une déchirure : le fils d’Elisabeth qui part pour Toronto ; un ex-mari qui dort à Bruxelles loin de sa fille. Ainsi, voyager, ce n’est pas seulement découvrir un autre pays, mais c’est aussi mieux connaître davantage le sien, celui que l’on a, caché tout au fond, et ainsi l’enrichir d’expériences heureuses ou douloureuses, au profit de sa créativité.
Bien sûr, toute mobilité n’est pas exclue dans l’œuvre de Vincent Delerm, bien au contraire ! Les moyens de transport sont innombrables au fil des textes! Certes, peu d’avions, pour ne pas dire aucun, encore moins de bateaux mis à part quelques ports (celui de Piegu, par exemple, que Vincent cite furtivement et duquel il ne semble pas vouloir s’embarquer) ou « un chalutier avec des mouettes », qui donne davantage l’idée d’une sédentarité lourde fixée au carton d’une Carte Postale que d’un désir d’aventure vers le grand large.
Malgré tout, l’univers citadin à travers lequel Vincent nous guide que ce soit dans Paris, Londres, Rouen ou autres petits villes de Province, regorge de déplacements plus ou moins courts à bord de moyens de transports plus ou moins « communs », dans tous les sens du terme.
Ainsi, pour illustrer mes propos, voici le recensement sans doute non exhaustif de tous les moyens de transport figurants dans le petit monde de Delerm. Nous y trouvons ainsi :
- 21 références plus ou moins directes aux voitures dont 5 marques citées (4X4, Opel Vectra, Rover, Bentley, Coccinelle.), 2 feux rouges, 2 aires d’autoroute, 1 péage, 2 embouteillages, 1 parcmètre, 1 course de formule1, 1 pilote ( Schumacher ) et 1 auto-tamponneuse !
- 11 références aux trains de banlieue ou grandes lignes. (Gares, quais, horaires dont une chanson se déroulant exclusivement dans un Compartiment Fumeurs)
- 6 métros dont 2 « poinçonneurs des Lilas » !
- 3 tramways.
- 4 autocars et 3 autobus
- 2 vélos (l’un sous une bigoudène, l’autre appartenant à Mémé)
- 2 taxis
- 1 vespa
- 1 troupeau de rollers
- 3 chevaux (1 fourbu, 1 de bois et 1 jument qu’on caresse)
- 1 promenade en calèche
- 1 trottinette à la con
- 1 camion sous lequel est passée la pauvre Lulu la Nantaise.
Pourtant, il semblerait que le moyen de transport préféré de notre chanteur, soit en réalité ses pieds ! Quoi de mieux pour découvrir le monde qui nous entoure ? En effet, le mot « trottoir » a été répertorié dans 9 chansons, sans compter les fois où le précieux morceau de macadam est invoqué implicitement lorsque l’auteur prend des verres en terrasses (3), écoute "Just Like Heaven avenue du Maine" pour la fête de la musique, sort de chez elle "rue Saint Séverin" ou se promène au hasard d’une brocante ou d’une rangée de bouquinistes.
Autres exemples pédestres qui ne vous auront pas échappés : les fameuses références aux squares et parcs en tout genre dans lesquels Vincent se promène seul ou accompagné. Nous ne citerons qu’à titre d’exemple : "Kensington Square", "le Square Motholon", "Carpeaux", sans oublier le zoo de Thoiry ou le zoo du jardin des plantes dans La Vipère du Gabon.
Je pourrais aussi enchaîner sur le nombre de bancs dans les chansons de Vincent Delerm, les divans, les lits, l’immobilité étant aussi omniprésente. Mais comme l’a fort bien dit je ne sais plus qui : « Ca, c’est une autre histoire… »
10 février 2007
Nota Beignet :O)
Un petit mot pour vous dire que toutes les infos récentes concernant Vincent Delerm se trouvent principalement sur Les Gens dans des Cases, le forum qui a remplacé le Forum Noir, ce dernier ayant mystérieusement rendu l'âme avec tout ce qu'il contenait. Je vous conseille d'y faire un tour de temps en temps car là-bas, même si l'ambiance est parfois à la bonne franquette, nous sommes souvent à la pointe de l'actualité delermienne. Notez bien son adresse car ce forum est assez difficile à trouver sur Google.
Je vous souhaite une bonne nuit et vous dis à dans quelques heures puisque je mettrai en ligne dès demain un nouvel article sur Vincent qui je l'espère vous transportera!
Crème
XXX
PS: Capture écran "piquée" à Vindel dont le site MSN consacré à Vincent se trouve dans les "liens amis" !
04 février 2007
Là où vous ne verrez pas Vincent Delerm
En attendant que je me remette au boulot, voici quelques infos glanées par-ci par-là sur le net:
Voici quelques lieus et émissions où vous pourrez...ne pas voir Delerm!
Tout d'abord, si vous avez Paris Première et si vous aimez les sensations inédites, testez la cérémonie des Globes de Cristal 2007 (non rien à voir avec Dragon Ball...) qui sera retransmise Lundi 5 février à 19h45 en direct du Lido. Un jury de 3000 journalistes culturels présidé par Pierre Lescure s'est réuni pour couronner les meilleurs artistes dans des catégories telles que le cinéma, le théâtre, la télévision, la littérature, la danse ou la musique. Vincent Delerm est nommé en tant qu'interprète de l'année. Fera-t-il le poids face à Grand Corps Malade? (A noter: Vincent est en concert à Toulouse le 5 et le 6 février...n'espérez pas trop l'apercevoir lors de cette cérémonie sans nul doute mémorable...)
Deuxième évènement où vous ne verrez pas Vincent Delerm cette année, la tournée des Enfoirés! Je ne sais pas trop pourquoi ni l'intérêt de cette information, mais les journalistes ont bien insisté sur le fait que Mimie Mathy (qui s'est fait opérer du dos, oui, je sais, vous êtes bouleversés), Olivia Ruiz (victime de son succès et de sa tournée "trop" fructueuse) et Vincent Delerm ne feraient pas partie de la fête cette année. Dans le cas qui nous intéresse, il semblerait que ce soit JJ Goldman qui ait posé son véto pour des raisons un peu floues que nous n'avons pas encore élucidées. P't'être que Vincent porte mal le canotier ou qu'il est malade en autocar...mystère...
Sur France 2, c'est la 1000ème de CD's d'Aujourd'hui que l'on fête. Cette émission enregistrée le 17 janvier dernier regroupe plein de chouettes artistes comme Voulzy, Olivia Ruiz ou notre ami Delerm. Donc, là, à priori, on devrait bénéficier d'une petit prestation de sa part. En revanche, cela sera en deuxième partie de soirée le jeudi 8 février. Tu peux préparer l'café noir...
A part ça, scoop de l'année, que dis-je, du siècle, j'apprends à l'instant que Marcel Amont aime la musique de Vincent Delerm! A quand un duo ou un clip video en tandem?
Deuxième scoop interplanétaire, pas marrant celui-là, c'est qu'aucun concert de Vincent n'est prévu pour l'instant au Canada. Il paraît qu'il n'est pas si connu que l'on pourrait le croire là-bas. "Ce n'est pas prévu a priori. Je voudrais bien. Je suis très fan du Québec sous la neige: ce serait dans la période où Thomas Fersen va chez vous," a dit Vincent.
Et voilà!
19 janvier 2007
"Il y a Jean-Marc Barr..."
Voici le texte de l’un des morceaux de Vincent Delerm que je préfère : Place Clichy. Je ne sais pas si c’est son côté piano saccadé (un peu dans le style « Kensington Square ») qui m’envoûte à ce point ou bien si ce sont ces énumérations qui tournent en boucle sans qu’aucun refrain ne vienne les interrompre, ou bien encore le fait que cette chanson ait été interprétée au cœur de l'âge d’or « delermien » (show case RTL 2002) où Vincent avait encore ce phrasé si particulier lors de ses prestations piano – voix, mais si je devais n’en retenir qu’une, ce serait étrangement celle-là.
Je ne suis pas spécialement une habituée de la Place de Clichy, je ne suis pas non plus une fan de Jean-Marc Barr, encore moins de Jean-Michel Jarre (souvenez-vous, celui qui se fait « stroboscoper » dans "Les Filles de 1976" !), ni même une ancienne élève de cette bonne vieille madame Boulard ! Malgré tout, lorsque l’auteur égraine les noms de lieux et de personnes qui ont constitué quelques bons moments du passé, de son passé, je suis mois aussi "toute chose" à chaque fois que retentissent les deux derniers vers de chaque couplet : « Et puis ce soir, Place Clichy ». Comme si j’y étais moi aussi, Place Clichy ; je vois les affiches du cinéma qui brillent dans la nuit, les murs sombres du lycée Jules Ferry endormi, la grande Librairie Gallimard, je bois quelques breuvages licencieux au Wepler, je sens les courants d’air de la bouche de métro, les odeurs de frites du MacDo et j’entends au loin une chanson qui s’échappe de l’Européen : « Et puis ce soir, Place Clichy »…
Place Clichy
Il y a des trottoirs
Des feux rouges sous la pluie
Il y a les couloirs
Du lycée Paul Valéry
Des trains en retard
Des tramway et des taxis
Et puis ce soir
Place Clichy
Il y a l'autocar
Le voyage en Italie
Mademoiselle Boulard
Dans les ruines de Pompeï
Des lumières des phares
Sur une autoroute la nuit
Et puis ce soir
La Place Clichy
Il y a Jean-Marc Barr
Dans la chambre de Séverine Petit
Du Jean-Michel Jarre
Nous sommes assis sur le lit
Combien de trottoirs
De feux rouges sous la pluie
Jusqu'à ce soir
Jusqu'à ce soir
Place Clichy





