Catégorie Vincent Delerm

Blog consacré à...ben, Vincent Delerm

20 mars 2007

De la sexualité du hérisson

Les Agités du Bocalzoo

    Les Agités du Bocal est une émission supposée être divertissante qui passe sur France 4. Une sorte de Méthode Cauet du pauvre. Moi qui ne suis pourtant pas une adepte d’ARTE et des émissions littéraires, j’ai quand même été atterrée par la bêtise qui règne sur le plateau de cette émission. Tout est bon pour se moquer des invités. Pour ne citer que lui, Vincent Delerm, en vedette de l’émission a été traité entre autre de « tout maigre » « qui ne ressemble à rien ». Je ne vous parlerai pas de François Morel dont le physique a été jugé « ingrat »… Delerm a eu beau critiquer Cauet ou Patrick Sébastien lors de l’émission de Canal Plus, « En Aparté », il semble que les jeunes présentateurs de la TNT ne soient pas non plus avares de réflexions racoleuses et peu gratifiantes. Malgré tout, je vous livre ici les moments phares de ce bocal à malices, les réponses données par Vincent étant pour la plupart inédites.

    L’émission débute par un chronique au cours de laquelle l’un des présentateurs rigolards explique à renfort de photos montages que Vincent Delerm, sous ses airs de grenouille qui n’a rien d’un Robbie William est en fait un Prince Charmant qui raconte des histoires drôles pour séduire les filles, et qui devient tour à tour un lapin câlin armé d’un godemiché, un Monsieur Propret ou un Delermiol avec pyjama et bonnet de nuit.

    Truculent, n’est-il pas ?

    S’ensuit une série de publicités étrangères d’un finesse indescriptible dont les thèmes sont pour résumer : les films porno, les femmes qui rotent, les hommes aux cabinets et autres petites joyaux subtils. Vincent essaie de faire bonne figure mais la lueur de son regard dit plutôt « Mais qu’est-ce que je fous là ? »     Le questionnaire de Proust, que j’appellerais plutôt ici le questionnaire de « prout », comporte cependant des réponses qui peuvent vous intéresser. Les voici :

    Vincent, à l’étonnement général sur le plateau, aime le football. Il déplore que la plupart des matchs et émissions sur son sport préféré soient diffusés le mercredi soir, jour des concerts.     Crème connaît les même problèmes quand elle rate un concert de Vincent Delerm à cause d’un conseil de classe tardif. Chacun sa croix…

    Vincent n’est pas déçu de ne rien avoir gagné aux Victoires de la Musique. Il remarque que cela fait déjà deux fois que les journalistes lui posent cette question depuis ces Victoires. Il aurait été gêné de gagner face à quelqu’un comme Bénabar qui a existé plus que lui cette année.    Crème pense que de toute façon, il vaut mieux avoir un succès discret car le public et les médias aiment détruire ce qu’ils ont adoré. Et puis de toute façon, Benabar en aurait fait une jaunisse s’il n’avait pas gagné.

   

    Vincent avoue que les critiques à son égard sont parfois difficiles à digérer et que cela peut l’empêcher de créer sur le moment mais qu’après un bon petit déjeuner, le lendemain, tout va mieux. Crème pense que oui, le petit déjeuner est un repas important.

    Vincent comprend qu’on l’ait trouvé arrogant à ses débuts car il avait une attitude à l’écran qui pouvait le laisser penser (air de s’ennuyer, main sous le menton, soupirs…) mais qu’il essaie maintenant de faire des compromis et d’avoir l’air plus enthousiaste lors des émissions. Il a ajouté que l’affaire Guillon a beaucoup joué dans cette image de chanteur méprisant car on en a beaucoup parlé.     Crème a remarqué effectivement que depuis la sortie des Piqûres, Delerm a toujours l’air énergique, voire radieux sur les plateaux télé. Elle se souvient avoir lu dans une interview que Vincent a déclaré que faire de la télévision demandait des efforts et que depuis qu’il essayait de faire bonne figure sur le petit écran, les gens s’en étonnaient presque et lui disaient « Tiens t’avais l’air en forme à l’émission de Machin ! »

    Vincent a déclaré que Jean Rochefort a failli être invité à la Cigale pour chanter les Eaux de Mars. Crème garde un souvenir ému de Winnie l’Ourson qui passait le dimanche soir sur FR3.

   Vincent s’est vu demander quel animal sexuel il était…à question idiote, réponse idiote, il a choisi le hérisson, en disant que ceux qui voulaient en savoir plus pouvaient se connecter se des sites Internet animaliers.     Crème pense qu’il a dit n’importe quoi et qu’il est inutile de faire des recherches, ce mammifère ne comportant visiblement pas de particularité sexuelle. Ce choix n’est cependant pas innocent. Le hérisson est en effet un animal à l’apparence inoffensive et attendrissante, mais qui se met en boule et sait piquer au moindre danger. Espérons que Vincent ne finira pas sous les roues d’une voiture…

    Vincent a avoué avoir failli perdre sa virginité à l’âge de 15 ans dans un parc en Angleterre mais que sa vraie première fois avait eu lieu à 20 ans.     Crème trouve ça dommage que quelqu’un raconte ce genre d’expériences personnelles à la télé mais peut-être que Crème est un peu trop romantique…

    Vincent a levé le mystère : il n’a aucun désir pour les hommes. Il est très tactile avec les gens mais l’homosexualité, ce n’est pas pour lui.     Crème pense que certains de ses fans vont être déçus.

    Vincent n’a pas donné de chiffre quand on lui a demandé pour quelle somme il se prostituerait. Crème pense que ceux qui ont écrit le questionnaire ont quand même vraiment touché le fond et qu’Ardisson doit se retourner dans sa tombe..ah ben non c’est vrai, il est pas mort, il est juste sur Canal+ !

    Vincent n’a pas vraiment su dire ce qui pouvait être mieux que le sexe en ajoutant que le sexe, c’était pas toujours génial et que cela pouvait être raté. Crème aurait répondu le chocolat blanc Galler qui, lui, la comble à tous les coups…

    Vincent a expliqué que son premier salaire de chanteur a été une première partie de Jean Sommer à Louviers.     Crème se souvient que ce concert a eu lieu en 1997 et qu’il a contenu la plupart des morceaux inédits et très recherchés de Vincent.

    Vincent dit qu’il gagne une somme fixe de 10 000 francs par concert mais que lors de la tournée Kensington Square, il gagnait plus car il était seul en scène mais avait déjà du succès. Crème pense sérieusement à se mettre au piano…

    Vincent aurait aimé travaillé dans un zoo, parce qu’il trouve ça génial de voir des éléphants et des autruches avec les bagnoles de la ville qui passent derrière.   Crème aussi adore les zoos et conseille à ses lecteurs de visiter le zoo de Londres qui est l’un des plus beaux qu’elle ait jamais visité.

    Vincent confesse avoir volé un jouet (une sorte de playmobil mais en plus grand) dans une maison de la presse quand il était petit et que lorsque ses parents s’en sont aperçus ils l’ont forcé à aller le rapporter et à avouer son larcin.     Crème pense juste que « qui vole un œuf, vole un bœuf »…

    Vincent se fait prélever automatiquement une certaine somme pour AIDS.

    Vincent ne pense pas avoir jamais risqué sa vie.

    Vincent a du mal à accepter la mort d’un membre de son entourage car il n’a jamais été vraiment confronté au malheur et que cela pourrait peut-être le pousser au suicide. Il préfère mourir vieux que de passer sous un bus. Il choisit de ne pas répondre à la question « qu’est-ce qu’il y a après la mort ? »   Crème suspecte Delerm de ne pas croire en Dieu mais de ne pas avoir osé l’avouer mais cela n’engage que Crème qui n’a aucune preuve de ce qu’elle avance.

    Vincent dit qu’il n’est pas du genre à assassiner quelqu’un mais qu’il serait plutôt du style à ruminer sa vengeance et à tuer la personne petit à petit, un membre après l’autre.     Crème se dit qu’elle a intérêt à faire attention à ce qu’elle écrit sur son blog.   

    Vincent a dit que sa tournée s’arrêtait le 1er Juin à l’Olympia.     Crème remarque qu’il n'a pas dit s'il jouerait dans des festivals d’été et versera sans doute sa petite larme d’adieu et de crocodile le 1er juin…

Voilà, vous pouvez éteindre votre téléviseur et reprendre une activité normale !

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11 mars 2007

L'après Victoires de La Musique 2007

    Vous remarquez que je n'ai pas écrit d'article sur cette soirée pourtant forte en moments delermiens. Non. Je ne vous parlerai pas de Vincent en train de reprendre un extrait de "Déshabillez-moi" pour Juliette Greco, je ne vous parlerai pas du moment inattendu où il s'est levé alors qu'il n'avait pas gagné la Victoire du Meilleur Clip mais simplement pour montrer son bô tee-shirt "I Love Rochefort", je ne vous parlerai pas non plus de Philippe Katerine, Bénabar et Sanseverino qui faisaient les choeurs avec lui sur "Il fait si beau"... Pourquoi? Et bien tout simplement parce que tout a déjà été dit sur Les Gens dans Des Cases où Aimelle, ma Miss Hyde, et ses compagnons de forum s'en sont donnés à coeur joie entre commentaires plus ou moins pertinents, captures d'écran, extraits, liens en tout genre. Bonne lecture!

Posté par Creme à 17:24 - Zapping - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mars 2007

Au nom du père... (Chapitre 1)

    La relation entre Vincent Delerm et son père fascine et inspire. Agnès s'est penchée sur les oeuvres des deux hommes et nous propose de parcourir les douces et troublantes similitudes entre les deux univers:

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Philippe et VincentDelerm
Univers croisés

    Avant de se faire un prénom, Vincent Delerm a commencé par être le « fils de » Philippe Delerm, écrivain, qui accède à la notoriété en 1997 avec « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ». Succès phénoménal, qui fera connaître son nom et lancera véritablement sa carrière d’écrivain. L’univers de Philippe Delerm est aisément reconnaissable, et Vincent en a certainement été baigné toute son enfance et son adolescence. D’ailleurs, les « professeurs de lettres, branchés sur France Inter et qui votent pour les Verts » qui commencent « Tes parents » sont vraisemblablement un hommage à Philippe et Martine Delerm, eux-mêmes professeurs de lettres. On croise en effet chez eux le chauffage à 17° et l’album sur Colette (« Le Bonheur ; tableaux et bavardages »).
   L’entrée en littérature de Philippe Delerm a lieu en 1983 avec « La cinquième saison », roman mélancolique sur l’absence. On y trouve déjà des thèmes qu’il développera ultérieurement. Comme dans « Cosmopolitan », la solitude est au cœur du livre ; mais ici, ce n’est pas une rupture mais un deuil qui sépare de l’être aimé. Deux livres de Philippe Delerm sont largement autobiographiques : « À Garonne », qui retrace l’histoire de sa famille en particulier de la branche paternelle ; la naissance et les premières années de Vincent y sont évoquées à la fin du livre ; et surtout « Le bonheur - Tableaux et bavardages »  qui donnent parfois l’étrange impression de feuilleter l’album photo des Delerm, et d’y rencontrer le fantôme de l’enfant que fût Vincent … « Mister Mouse » n’est pas réellement autobiographique … mais le lecteur du « bonheur » fera aisément la transposition Jeremy-Philippe, Emily-Martine et Mortimer-Vincent (reste une petite sœur de fiction).                                                                                   « La sieste assassinée » figure parmi les recueils de Philippe Delerm composés de brefs tableaux juxtaposés (définis par l’auteur dans « Mister Mouse » comme « des aquarelles, des petites gouaches, des esquisses »). Dans « il va pleuvoir sur Roland Garros », on trouve l’inspiration tennistique également présente chez Vincent : John McEnroe, croisé dans « Puissance quatre », Sergio Brugera (« La natation synchronisée ») et surtout « Les jambes de Steffi Graf » (où on voit aussi Gabriela Sabatini). Le cinéma (« Fanny Ardant ») est présent dans « la voix du doublage » ;  « L’heure du tee » rappelle étrangement « L’heure du thé » bien que les contenus diffèrent radicalement : le tee dont-il s’agit est en effet celui utilisé par le buteur au rugby (!). On croise « Marine »  dans « À l’envers des paupières ». Et si Vincent hésite dans « Il fait si beau » à laisser entrer les témoins de Jéhovah, Philippe a moins de scrupules à les laisser sur le paillasson (« La vérité»).                                             

   On trouve finalement moins de correspondance dans « La première gorgée de bière… » . À noter quand même « Le paquet de gâteaux du dimanche matin », qui résonne avec l’hilarant monologue précédant « Les assiettes » (« pas un gâteau, mais plusieurs petits… »), et « Le cinéma » et « Le pull d’automne », grandes constantes delermiennes. « Enregistrements pirates » comprend un texte dédié au théâtre (« comme une absence »), où, lors d’un monologue (Shakespearien ? ), l’esprit de l’auteur s’échappe… mais lui ne quitte pas la salle. Encore au spectacle, « On n’est pas couchées ! »  décrit cet instant suspendu, où certains mettent leurs manteaux et sortent, pendant que d’autres continuent d’applaudir pour obtenir un rappel. Notons que le chanteur revient quatre fois chez Philippe Delerm, on s’en souviendra une prochaine fois ! Dans « Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables », notons un hommage à Renaud, « Mistral toussant » (comme quoi chez les bobos, il y a Delerm père et fils !). Enfin, « Voici ma ville » chante en clair-obscur Rouen, à qui Philippe a rendu, avant son fils, un vibrant hommage  (« Rouen »). Le dernier opus paru (« La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives ») n’est pas une compilation d’exploits guerriers, comme certains peu au fait du sport cycliste pourraient le croire (la tranchée d’Arenberg dont il est question est un passage mythique de la course Paris-Roubaix). Le stress paternel lors des compétitions de tennis de table de Vincent y est décrit dans « cocotte nerveuse ».« Il avait plu tout le dimanche » est un court roman (ou une longue nouvelle). Le héros y parcourt la géographie parisienne et en particulier le square Carpeaux (celui du « Baiser Modiano » - le nord parisien (où s’est déroulée l’enfance de Martine Delerm ?) figure d’ailleurs souvent en arrière plan chez Philippe Delerm). L’unique voyage à l’étranger du héros se déroule à Ostende, dont la plage n’est pas sans rappeler « Deauville sans Trintignant ».  « L’envol » est une nouvelle où le héros voit sa vie basculer après la visite d’une exposition sur Jean-Michel Folon. La peinture est un élément important de l’univers  delermien  et dans « Le bonheur- tableaux et bavardages » , on apprend que de nombreuses affiches sont sur les murs de la maison … Affiche qui est le thème de « 29 avril au 28 mai » (titre un peu obscur – ce sont les dates d’une exposition au Grand Palais d’un peintre jamais cité). « Panier de fruits » est une nouvelle caustique sur un écrivain malchanceux en littérature, qui devient millionnaire en écrivant les paroles d’un tube… L’avis de l’auteur sur l’univers impitoyable du show-biz : « Je connaissais encore bien mal le monde démoniaque du show-biz, mais une loi me semblait fonctionner sans redouter d’exceptions : plus c’était nul, mieux ça marchait. De toute façon, les bons chanteurs n’avaient pas besoin de mes paroles. Et quant aux autres… ». On ne saurait dire mieux !

Oeuvres de Philippe Delerm (extrait) :

« La cinquième saison » Éditions du Rocher, 1983
« Le bonheur- Tableaux et bavardages » Éditions du Rocher, 1986
« Rouen » (collection « Des villes ») Éditions Champ Vallon , 1987
« Mister Mouse » Éditions du Rocher, 1994
« L’envol » Éditions du Rocher, 1996
« La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » Éditions
Gallimard-L’arpenteur, 1997
« Il avait plu tout le dimanche » Mercure de France, 1998
« Panier de fruits » Éditions du Rocher, 1998
« La sieste assassinée », Éditions Gallimard-L’arpenteur, 2001
« Enregistrements pirates », Éditions du Rocher, 2003
« Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables »  Éditions
Gallimard-L’arpenteur, 2005
« À Garonne » NiL éditions, Paris, 2006
« La tranchée d’Arenberg et autres voluptés sportives ». Édition

Texte et recherches par Agnès.

Photo tirée du Figaro.

Posté par Creme à 18:02 - Il était une fois...Vincent Delerm - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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