batna_360g Comme c’est de saison, voici le texte de Voyage à Sestrières, morceau joué en 1997 à Louviers, à une époque où l’ont ne pensait pas que Delerm entamait déjà sa carrière. C’est ce que j’appellerais, une chanson « teenager ». Vincent Delerm en a composé quelques unes comme Le Journal de Laetitia, Le Conseil de Classe ou encore La Foire Saint Romain qui content les petites aventures quotidiennes de lycéens ou de jeunes étudiants avec leurs amis, leurs amours, leurs emmerdes, comme dirait « l’autre ». De cette période « années collèges », si je puis dire, il nous restera officiellement « Les filles de 1973 ont trente ans », souvenir d’une époque où les redoublantes fascinaient notre délégué de classe préféré, éventuellement "La Natation Sychronisée" et "Les Jambes de Steffi Graff" malgré leur manque de précision quant aux périodes traitées, voire encore « L’heure du thé » pourtant déjà plus « adulte ». Il est donc toujours très intéressant de parcourir les « premières inédites » car elles semblent être comme une étape indispensable à la compréhension de l’univers Delerm.

    Voyage à Sestrières n’est pas ma chanson préférée avec sa mélodie digne d’un Daniel Guichard qui aurait écrit pour Hélène Rolles et cette tentative poétique de faire rimer « yeux verts » et « réverbères » ou de reprendre les mots « banquette arrière » à la fin de chaque couplet de manière un peu naïve selon moi.

    Le point fort de cette chanson est cependant et sans conteste ce talent qui ne quittera jamais plus Vincent, de créer une ambiance, une intimité avec les personnages et les lieux à l’aide de simples éléments familiers. Nous trouvons déjà à l’époque la référence à « France Inter » ou bien encore au fameux « pull-over » dans lequel la dulcinée sourit. Autre rime en –ère, les énigmatiques « bonbons Panthère » , qui, me semble-t-il, ne sont rien d’autre que les délicieuses friandises Batna dont les emballages sont illustrés d’un fauve au milieu de la jungle.

    Voyage à Sestrières

C'est les vacances de février,

Sur l'autoroute c'est pas l'désert,

On a retenu un chalet,

Pour une semaine aux sports d'hiver,

Et toi tu dors sans oreiller,

Plantée sur la banquette arrière.

Et on va bientôt s'arrêter,

Bientôt s'arrêter sur une aire,

Une aire où on pourra acheter

Des frites et des bonbons Panthère,

Qu'on gardera pour le trajet,

Planqués sur la banquette arrière.

C'est les vacances de Février,

Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".

C'est les vacances de Février,

Il me reste toute une semaine

François s'en va prendre un café

Dans un distributeur trop cher,

Moi je suis restée pour garder

Les valises et puis tes yeux verts,

Qui viennent de se rallumer

Juste en dessous d'un réverbère.

Car la nuit commence à tomber,

C'est les infos sur France-Inter,

Tu finis par me demander

Si c'est encore loin Sestrières,

J'te dis qu'on est pas arrivé,

Tu souris dans ton pull-over.

C'est les vacances de Février,

Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".

C'est les vacances de Février,

Il me reste toute une semaine.

François revient l'air effaré,

Six francs quatre-vingts le super,

Et dans 15 bornes il va neiger,

Il a parlé à la caissière.

A tous les coups on va manger

Assis sur la banquette arrière.

Le rendez-vous était fixé

A dix-huit heures et des poussières,

Il reste une demi-heure bien tassée

Pour parvenir à Sestrières

Et sur le panneau c'est marqué,

Qu'on est bienvenu dans l'Isère.

C'est les vacances de Février,

Et je ne t'ai pas dit "je t'aime".

C'est les vacances de Février,

Il me reste toute une semaine.

   

Merci à M.Charlotte pour la retranscription de la chanson.