Comment remplir la salle de la Cigale pour une date quand on est un groupe au succès d’estime ?

    1) distribuez un bon paquet d’invitations aux copains, aux copains des copains, aux familles de tous les artistes présents sur scène (premières parties comprises). 

    2) Organisez deux trois concours Internet du style : « Youpi ! Gagnez des invitations pour le concert exclusif d’Holden à la Cigale ! »

    3) Rajoutez la grosse poignée de fans qui ont payé pour aller voir le spectacle. (Il paraît d’ailleurs qu’Holden cartonne dans certains pays étrangers).

    4) Et pour finir, si vous voulez attirer quelques gogos (dont je fais honteusement partie), annoncez que des invités de renom parsèmeront le concert, en l’occurrence, JP Nataf, Bertrand Belin, Albin de la Simone, Jeanne Cherhal et…Vincent Delerm.

    Je ne sais pas ce qu’il m’a pris le 19 décembre à 18h, de ressortir pour aller voir Holden, de ma part c’était une erreur…enfin, non, pas tant que ça, mais disons que ce qui j’y ai vu ne correspond pas trop aux univers musicaux que j’affectionne.

    Je vais essayer de faire court (mais je vous avertis déjà que je n’y parviendrai pas) pour les deux longues premières parties dont j’ai eu tant de mal à récupérer les noms sur Google: alors que la salle n’était encore qu’à moitié vide (ou à moitié pleine, c’est comme vous voulez), le groupe Diving with Andy  (enfin, je crois que c’est un groupe, à moins que la chanteuse ne s’appelle Diving et son guitariste Andy…hum…) est arrivé sur scène. Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes, les nouvelles chanteuses, à faire des gestes bizarres avec leurs mains et à prendre des airs un peu illuminés comme si elles étaient contentes mais qu’elles ne voulaient pas nous dire pourquoi ? Vous vous souvenez de cette émission pour enfants malentendants « Mes mains ont la parole » ? Bref ! Faut arrêter d’essayer d’imiter Björk, les filles ! Du reste, la jeune femme chantait bien, en anglais...façon pop guitares planante américaine entre Catpower et Keren Ann

    La deuxième première partie (vous suivez ?), c’était bel et bien Tcheky Karyo himself ! Enfin, là je fais ma maligne mais hier, je ne savais pas qui c’était. Je devrais aller plus souvent au cinéma. Enfin, je l’ai trouvé un peu particulier lui aussi ; une drôle de façon de bouger des hanches, presque indécente, les fringues de scène piquées à Delerm, une gestuelle là aussi exagérée, et puis des textes inoubliables tels que «Elle glisse sur les colères des foules / Elle est comme une liane qui s’enroule » Ceci étant, sa motivation et son plaisir m’ont tout de même touchée. Il a une jolie voix, d'excellents musiciens, on sent qu’il a bossé et puis surtout il a chanté  Strange Fruit  de Billie Holiday alors rien que pour ça, je dis « Merci »…

    Est arrivée enfin la bande à Holden, nom sans doute emprunté au personnage de J.D Salinger, Holden Caulfield, cet adolescent américain qui, bien des années avant Cali, se demandait où vont les canards, en hiver, quand leur lac est gelé. Très sympathiques, ces gens. Jolie rousse agréable, Armelle Pioline a poursuivi dans le thème du tennis en arborant une magnifique robe noire façon Venus Williams, « au raz des pâquerettes », pourrait-on dire, agrémentée de chaussettes hautes à pois. Et ben ça lui allait bien figurez-vous ! Son compagnon de toujours, Mocke (mais qui en réalité s’appelle Dominique Deprêt aheuuuh frimeuuur !!! ) l’accompagnait à la guitare électrique avec sa gueule à jouer dans la série Sous le soleil, genre: « Regardez comme je suis beau et cool et comme je mets des chemises bariolées ».

    Autant le dire tout de suite, Holden, ce n’est pas ma tasse de thé. Trop de guitare, des textes qui n’ont pas réussi à me toucher et encore, quand j’arrivais à les comprendre. Pas facile quand on n’a pas les albums.   

    « Tes mots comme tes gestes, Tes idées comme le reste Sont un art qui ne me touche pas » dit Armelle dans sa chanson L’Essentiel. Cela résume bien ce que je ressentais hier soir.

    Je me demande d’ailleurs ce qu’est venu faire Vincent dans cette histoire. La chanteuse d’Holden, si je me souviens bien, avait précédemment expliqué dans une interview qu’elle ne se sentait pas du tout proche de la musique de Delerm. Je le soupçonne d’avoir voulu faire plaisir à son ami Albin de la Simone, qui, lui, (dans son costume en velours couleurs fesse de bébé) était comme un poisson dans l’eau auprès de ses copains du groupe.

    JP Nataf, Jeanne Cherhal et Bertrand Belin se sont donc, comme le promettait la pub, succédés au micro pour des duos rapides et sans réel intérêt si ce n'est celui de les apercevoir. Jeanne et Vincent, surtout, ne semblaient pas spécialement à l’aise et n’ont pas réellement brillé de leur présence. Delerm, comme souvent pendant ce genre de prestation, a été plutôt « moyen », arrivé pourtant au moment des rappels, en super guest star de la soirée, comme la cerise (un peu défraîchie) sur le gâteau. N’ayant pas répété la chanson (allez savoir pourquoi) il a ânonné sa partie de « En Septembre » (je crois), les mains dans les poches de son jean presque aussi mou que lui, revêtu d’une chemise à carreaux rouges et blancs froissée (remarquez, il paraît que c’est la mode), perdu dans les éclairages plus que tamisés qui ont empêché toute tentative de photo décente. (Moi et mes problèmes de photos, je devrais faire un blog spécial, je vous jure !)

    En d’autres termes, ceux qui s’arrachent les cheveux devant leur écran on pleurant «J’ai raté ça !!!! », n’ont pas raté grand-chose si ce n’est la chanson finale très sympa où Nataf et Simone se sont joints au groupe.  A moins que vous n’aimiez Holden, parce que là, effectivement, vous avez raté quelque chose !

Guettez cette chronique, il se pourrait que quelques images viennent illustrer mes propos, car il y avait tant de photographes hier soir que j'ai bien cru qu'on était à la Cérémonie des Césars et que Deneuve, Depardieu et Vanessa Paradis allaient arriver avec leur petite statuette dorée.