Il est rare que je copie-colle des interviews, mais cette fois, je vous soumets un article tiré du site Ushuaia parce qu'il comporte quelques infos inédites, au milieu d'autres plus communes. C'est toujours intéressant de connaître l'avis de Vincent sur les voyages, lui que beaucoup imaginent souvent casanier et plutôt attiré par les pays froids.

"La mesure de l’homme 
Vincent Delerm

Après la tournée de son deuxième album et une salve violente de critiques aigres, il a hésité à continuer. Vincent Delerm s’est demandé s’il asumerait plus tard que ses futurs enfants entendent à l’école "ton père il ne hante pas, il vomit". C’est en partant au Mexique avec sa compagne qu’il a pu mettre les choses à plat. "Partir permet de provoquer une cassure, de remettre sa situation en perspectiveé admet le trentenaire. Dans l’avion du retour, comme par magie, il écrit le texte d’une chanson qui donne son titre à un troisième album : Les Piqûres d’araignée.

« Tu es cerné par le paysage. Tu lui appartiens, il fait de toi ce qu’il veut » Et pour enregistrer son opus, il quitte à nouveau la France, pour la Suède, un pays avec lequel les liens sont anciens. « Mes parents étaient fans d’un courant de peintres suédois qui cherchaient le bonheur jusqu’à en devenir fous. J’ai baigné dans cette culture-là, petit », raconte Vincent Delerm, qui n’a pas craint de s’exiler dans une contrée âpre. Installé dans une ferme retapée à une heure de Malmeu, l’artiste a plongé dans un bain de nature. « Là-bas, tu es cerné par le paysage. Tu lui appartiens, il fait de toi ce qu’il veut. L’environnement est si hostile que tu comprends l’importance du bois blond. »

Son album, il le dit « solaire » parce qu’il a su assécher son écriture, la rendre simple. Ses images, plus directes, se passent de ces références culturelles qu’on lui a tant reprochées. Une modération à son image... d’honnête homme. Parce que son truc à lui, c’est d’être comme les autres, ni plus ni moins. Vincent Delerm a beau fréquenter les zoos avec assiduité, c’est la matière humaine qui l’intéresse. Ses chansons sont autant de tableaux anthropologiques qui évaluent la place de l’homme dans le monde. Et son rôle vis-à-vis de sa planète : « Le problème, c’est qu’on a beau annoncer le réchauffement climatique, pour les gens, cela demeure abstrait ; ils se disent qu’ils ont le temps. » Mais à son échelle, il agit. Quand on l’interroge sur l’écologie, la réponse fuse : « Bien sûr que l’écologie m’intéresse, je suis bobo ! Je fais le tri sélectif des poubelles et je roule à vélo ! » n -Sophie Blandinières

Actualité : Album Les Piqûres d’araignée, Tôt ou Tard/Warner. En décembre en concert à La Cigale, à Paris.

Le plus beau voyage ? Le Mexique. Il était improbable que je puisse voyager aussi loin. J’ai adoré Oaxaca. J’ai fait des photos et j’ai failli en tirer un livre.

L’endroit préféré ? Il varie avec l’humeur. J’aime beaucoup le parc de la Tête-d’or à Lyon. C’est un endroit où je suis souvent allé écrire. Le parc a un petit côté new-yorkais : on voit des buildings qui dépassent. Au milieu, il y a un lac où l’on peut faire du pédalo.

Un moment inoubliable ? Les gens me reconnaissent plus à l’étranger. Ils sont plus attentifs. Un jour, en Italie, je dansais sur une place pour faire marrer les potes avec lesquels j’étais. On est venu me demander un autographe. La honte !

Le plus beau paysage ? À Vallarum, en Suède, là où on a enregistré l’album. En deux semaines, on est passés d’un mètre de neige à un soleil éclatant. Où que tu regardes, tu as un paysage.

Sophie Blandinières"