15 novembre 2006
LES ADRESSES IMMOBILES
A la demande d'Antoine, mais aussi parce que je n'ai pas le temps cette semaine d'écrire un article plus long, (ce qui ne sera pas le cas la semaine prochaine puisque je vais "vous savez où"), voici le texte d'une chanson interprétée lors de la tournée 2004-2005. Ambiance douceur pour cette ballade aux paroles un peu abstraites pour une chanson de Vincent Delerm. Cela l'était d'autant plus, qu'à l'époque, nous ne connaissions pas encore l'album Les Piqûres d'Araignée. Cette chanson me fait terriblement penser à "Voici la ville", d'ailleurs, sans doute à cause du thème mais aussi la construction des vers; on pourrait presque chanter le refrain de ce texte sur la musique de la chanson sur Rouen. Pour résumer, l'auteur, au cours de ses promenades, se dit qu'il serait bon de retourner à tel endroit où il n'a pas eu le temps de s'arrêter mais finalement, il n'y retournera jamais. Ces lieux ne verront jamais sa présence, ils demeureront comme des idées, des photos dans un coin de sa tête, ce sont des "adresses immobiles".
J'avais pensé quelques fois
"Tiens il faudrait retenir
Le nom de cet endroit
Il faudra revenir"
Je m'étais dit bien souvent
C'est une adresse à garder
Il faudra essayer ce banc
cet été
Mais dans la ville
Je m'aperçois
Ces adresses immobiles
Je n'y reviendrai pas
Mais dans la ville
Je m'aperçois
Ces journées d'avril
Ce n'était que toi
La pensée m'était venue
C'est un café idéal
Pour parcourir le compte-rendu
d'un 8ème de finale
L'idée m'avait traversé
En t'embrassant sur la place
D'y retourner chaque année
Début mars
Mais dans la ville
Je m'aperçois
Ces adresses immobiles
Je n'y reviendrai pas
Mais dans la ville
Je m'aperçois
Ces journées d'avril
Ce n'était que toi
14 novembre 2006
Calmons-nous calmement
LA POSITION DES MANGEUSES DE BRUGNON
Voici les paroles d'une chanson interprétée pour la première fois en ouverture des concerts donnés aux Bouffes du Nord en juin 2004. Elle a ensuite figuré dans le spectacle unique au Trianon, où Vincent était l'invité d'honneur de la Nuit des Musiciens en décembre 2005. C'est le type même d'inédites qui s'échangent entre fans avec plus ou moins de difficulté et qui ne seront sans doute jamais enregistrées officiellement. Que dire de cette chanson sinon qu'elle semble annoncer, dans une certaine mesure, "Sépia plein les doigts": certaines choses ne changent pas malgré les apparences. Notons aussi le clin d'oeil au copy-control et à l'ADSL qui fait tant de remous et de débats dans le milieu de la musique. En d'autres termes, dit Vincent, ne nous inquiétons pas, certaines choses merveilleuses ne disparaitront jamais, comme la position si sexy des filles sur les capots brûlants des voitures et dont le jus de brugnon coule dans leur décolleté du mois d'août. Nous frôlons l'érotisme! Cependant, permettez-moi de douter pour rire de la véracité de cette affirmation. Nous ne sommes pas sans savoir que le brugnon, fruit européen, juteux et dont la chair a la particularité d'être attachée au noyau, a bel et bien disparu de nos grandes surfaces, détrôné par la nectarine, fruit de la même famille, créé par les Américains et dont la chair, moins fragile et donc moins juteuse, ne s'abîme pas lors de son transport. "Par conséquent", j'en conclus, au terme de cette analyse des plus profondes que les mangeuses de brugnon sont condamnées à disparaître. Heureusement, il nous reste les pêches...
La position
Des mangeuses de brugnons
Le 14 août
Sur les aires d’autoroute
Un bras ballant
Près des capots brûlants
L’autre occupé
A faire dégouliner
Le fruit gorgé
Ailleurs que sur les pieds
La position
des mangeuses de brugnons
Ne changera pas
J’ai confiance quelle que soit
L’évolution
Des communications
Le control-copy
Internet haut débit
Par conséquent
Calmons-nous calmement
Par conséquent
Calmons-nous calmement …
12 novembre 2006
Dans un vieux pub anglais...
THE DE CHINE OU DE CEYLAN
Merci, Vincent, merci Vincent pour cette reprise de Philippe Chatel chantée lors d’un rappel, aux alentours de 2004. Merci de m’avoir fait découvrir ce morceau que je ne connaissais pas et dont je n’ai jamais entendue l’originale. Chacun sait qu’il est tellement difficile de trouvez des albums CD de Chatel, ce chanteur si méritant, si talentueux, si bourré d’émotions et qui pourtant n’est aujourd’hui pratiquement connu que pour son petit chef-d’œuvre d’Emilie Jolie !
Cette chanson lente n’a pas de refrain, elle n’en est que plus troublante. Troublante aussi par son mystère. Un homme boit du thé à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Qui est-il ? Un soldat ? Que fait-il à Londres pendant que ses compatriotes sont au front ? Qui est cette personne qui doit arriver par un « bateau de patrouille » ? Une femme ? Française ? Peu importe finalement puisque tout que qui compte pour l’auteur, c’est ce sentiment douloureux d’un amour déçu, bien plus fort que la souffrance d’une guerre ou que la liesse populaire à la libération d’un pays. « Et je marchais la nuit au milieu de leur joie, La guerre était finie, ça n’m’intéressait pas. »
Etait-ce du thé de Chine ou du thé de Ceylan,
Que je buvais alors en t’attendant ?
Dans ce vieux pub anglais bien au nord de Mayfair,
Je ne m’en souviens plus, je ne m’en souviens guère
La radio annonçait la dernière offensive
Et j’attendais en vain au bord de la Tamise
Ce bateau de patrouille qui n’arrivait pas,
Je ne t’ai pas revue et l’on ne savait pas.
Les Anglais racontaient que la trêve était proche,
Ils avaient de l’espoir jusqu’au fond de leurs poches
Tandis que je tissais la toile de l’ennui
Dans un imperméable aux couleurs de la pluie.
Tu n’es jamais venue, je me souviens très bien
D’avoir jeté mes clefs dans l’herbe d’un jardin
Et je marchais la nuit au milieu de leur joie
La guerre était finie, ça n’m’intéressait pas
Je fus rapatrié par un avion Air Force
Avec des Parisiens, des Normands et des Corses
Qui brandissaient, vainqueurs, le drapeau de la paix
Et j’étais seul au monde, personne ne savait.
J’ai retrouvé mon père, ma mère et ma maison
Les tickets et les cartes d’alimentation
Et l’on faisait la queue pour la viande et le pain
Mais je ne mangeais pas, mais je n’avais pas faim.
Est-ce du thé de Chine ou du thé de Ceylan
Que je bois chaque jour quand je pense à ce temps
J’y réserve toujours un coin de mes journées
Et les gens qui me voient disent que j’aime…
…le thé.
11 novembre 2006
La mode selon Delerm
On en parle toujours avec une certaine culpabilité, du look de Vincent Delerm. Parce qu’il préfère qu’on se penche plutôt sur ses chansons que sur la marque de ses chaussures ou la monture de ses lunettes et puis on a peur de passer pour des « fans superficiels qui s’émoustillent pour un jean moulant.». Mais moi je m’en fiche. J’assume. J’ose ! Je revendique ! Et puis Vincent ne porte pas de jeans moulants.
Le style Delerm suit la mode en général, tout en restant dans une simplicité réfléchie. S’il s’habille comme tous ces étudiants que l’on peut croiser dans les ruelles du Quartier Latin ou les couloirs du métro, s’il a le look de Monsieur Tout-le-monde, il n’est cependant pas tout à fait Monsieur-Tout-le-Monde. Tour d’horizon sur sa garde-robe...
A LA VILLE …
La veste en velours :
C’est celle que tous les hommes arborent cette année : la veste en velours noire. Vincent la portait au début de sa carrière. C’est elle que l’on voit sur la pochette de son premier album, ce vêtement qu’il a traîné pendant ses années d’étudiant à la fac de Rouen et qui lui donnait ce look BCBG et cette fausse image de fils à papa coincé qu’il essaie de faire oublier depuis quelques années. Ainsi, il évite de trop la mettre aujourd’hui. Elle est sur toutes les photos, dit-il.
Les pulls :
S’il y a un vêtement à retenir chez ce chanteur frileux, c’est bien le pull-over ! Il en a toute une collection et certains sont édifiants. A col roulé, en V, multicolores ou simplement noirs, on les retrouve même dans certains de ses morceaux (« Charlotte Carrington » doit s’acheter un pull, l’étudiante de « Court Central » a un « pull-over qui bouge » autour de la taille, et un cardigan « frissonne » dans Kensington Square.
Le principal intéressé lui-même avoue cette fascination pour le pull : Ca me plait de les voir portés par d’autres. D’en emprunter aux filles. (…) Dans l’histoire de la chanson, c’est un vêtement qui a un passé. Le Pull Marine chanté par Isabelle Adjani, le Pull-over Blanc par Graziella de Michèle et tous ceux qu’Alain Souchon parsème dans ses textes. Moi, si je m’écoutais, j’en parlerais bien dans un refrain sur deux, mais je me retiens. (L’Express avril 2004) Remarquons cependant que la météo clémente de l’album Les Piqûres d’Araignée, a fait disparaître ce vêtement de l’univers Delerm, remplacé par des chemisiers, des robes et autres sandales estivales.
Chemises et tee-shirts :
Ils se cachent souvent sous les pulls ou en dépassent, froissés ou non, unis ou bariolées, c’est selon. Les tee-shirts à rayures ont la préférence du monsieur, que ce soit façon marinière ou à la verticale comme les maillots de football. Cela tombe bien, c’est actuellement très tendance! La chemise se portera sobre, blanche ou noire, parfois grise mais peut devenir très fantaisiste et se couvrir de carreaux aux couleurs improbables.
Les pantalons :
Vincent Delerm n’est ni Prince, ni David Bowie. Peu d’excentricité en la matière : le jean bleu basique ou le pantalon noir se portent ni trop serrés comme Nicolas d’Indochine, ni trop larges comme nos amis les chanteurs de R’n’B.
Pour aller dehors :
Vincent varie les plaisirs quand il s’agit de se protéger du froid extérieur. Du long manteau au trois quart noir à gros boutons de ses débuts, en passant par la veste en cuir et la canadienne acquise récemment, le chanteur reste cependant fidèle, quand le temps le permet, à la veste en jean bleu comme un hommage aux années 80.
Les accessoires :
Toujours dans ce souci de se garder d’un mauvais courant d’air qui pourrait abîmer sa voix, l’écharpe est l’accessoire indispensable au look Delerm. Déclinée dans de nombreuses couleurs et longueurs, les matières restent chaudes et épaisses pour une efficacité maximum. (on dirait que je fais une pub pour les couches pour bébés, là.)
Les chaussures, font elles aussi couler beaucoup de pixels sur les forums consacrés à Vincent : délaissant les Clarks de ses débuts,
les Converses montantes demeurent les chouchoutes de ses petits petons. Autrefois rouges, il semblerait qu’elles aient été troquées pour une paire de couleur plus tendance : le gris bleu. Enfin, l'on ne peut parler du look de sieur Delerm sans une allusion à ses lunettes. Avec lunettes, sans lunettes, avec lunettes sans lunettes? Lunettes à la ville, sans lunettes à la scène semble être à présent le compromis. Les montures sont noires, de forme rectangulaire, assez larges, les lunettes qui faisaient sensations chez tous les opticiens entre 2003 et 2005.
BONUS : un étrange accessoire : que penser de ce badge piqué sur sa veste, le soir de la projection du film consacré aux Dix ans de la maison de disques Tôt ou Tard au cinéma MK2 ? Vincent Delerm, fan de Raphael (mais non, pas le chanteur, rhooo !) ou simplement un accroc à dissimuler ? 
…COMME A LA SCENE.
En concert, on reste sobre…ou presque. Pour des questions de commodité et d’esthétisme, jamais Vincent n’a quitté sa tenue noire, pantalon en coton et chemise légèrement ouverte. Le succès venant, Agnès B s’est cependant imposée ; c’est mieux coupé et de meilleure tenue. Les musiciens de la tournée 2006-2007 suivent le mouvement et s’habillent comme leur « patron ».
Notons qu’un tee-shirt « The Smiths » a été une fois porté lors du Festival Paléo en 2005 et que la chemise blanche « à la Souchon » a fait un furtive apparition au Festival de Bourges 2004 ou autres fêtes de la musique à la Maroquinerie. Mais tout cela reste très anecdotique.
Variante sensible à noter cependant, au fil des ans : les tennis Adidas vintage d’un blanc immaculé ont à présent remplacé les Clarks noires des deux premières tournées. Détail non négligeable, donc.
Sobre, nous disions, mais nous savons que chaque règle connaît des exceptions : Vincent semble être passé maître dans l’art du déguisement : en fêtard cravaté lors du concert exceptionnel donné au festival Art Rock de Saint Brieuc en juin 2006, nous éviterons tout commentaire concernant le fameux clip « Les Avalanches » avec Jean Rochefort en guest star.
Les photos parlent d’elles-mêmes. Nous attendons d’ailleurs avec une impatience non dissimulée, les clichés de la nouvelle tournée où Vincent a pris les traits d’un mexicain moustachu entouré de ses musiciens coiffés de sombreros. 
A suivre…
Je remercie toutes les personnes dont j’ai utilisé les images. Si vous désirez que certaines soient retirées, contactez-moi.
T'as Taratata?
Pour ceux qui n'ont pas vu le duo Delerm-Franck Monnet chantant "Si maman si..." sur F4 (c'est mon cas), et si vous ne pouvez attendre le 24 novembre que Taratata soit diffusé sur la traditionnelle et presque démodée chaîne France2, voici un lien piqué sans vergogne sur le forum de Franck Monnet.
Y'a plein d'autres videos, en plus, de Delerm entre autres. Merci Monsieur F!
10 novembre 2006
Merci
Je tiens quand même à remercier et à nommer certaines personnes qui ont contribué à la réalisation de ce blog:
Marie-Charlotte, tout d'abord, qui m'a passé de la documentation sur Vincent et qui a retranscrit la plupart des chansons inédites.
Steady qui a réalisé une magnifique bannière pour que je puisse faire un peu de pub sur les forums voisins.
Et puis les gens qui prennent des photos et qui ont la générosité de les publier sur le web, et les rendent disponibles pour tous.
Je remercie aussi tous les petits pirates de l'ombre qui arrivent parfois à immortaliser des merveilles.
Crème
PS Marie-Charlotte aussi sait faire des bannières! Je n'ai que l'embarras du choix!
09 novembre 2006
"Le pays d'Avant"...
En 1975, trois évènements majeurs sont à retenir: La Loi Veil sur l'Interruption Volontaire de Grossesse est votée. Un merveilleux bébé qui, 30 ans plus tard, portera le doux pseudonyme de Crème voit le jour. Philippe Delerm et son épouse, tous deux professeurs de Lettres, sont nommés en Normandie. Etonnante, tout de même, l'évolution de la société et de l'Education Nationale, lorsque l'on sait que les jeunes professeurs normands sont aujourd'hui catapultés dans des établissements scolaires en banlieue parisienne et mettent des années avant de retrouver leur région d'origine!
L'année suivante, qui, si mes cours de calcul mental de CP sont encore frais, est l'année 1976, Evreux voit naître Vincent Delerm, un 31 août, jour qui fleure bon la rentrée des classes, les cahiers neufs, la gomme rose et bleue encore intacte et la colle dans les petits pots blancs à capuchon coloré . L'histoire est en marche...
De l'enfance de Vincent, on trouve quelques traces dans les livres du papa ou dans certaines chansons inédites du fiston. Dans la maison en pleine campagne de Beaumont-le-Roger où les parents vivent encore aujourd'hui, Vincent coule des jours tranquilles, sans frères ni soeurs mais avec son chat Yaourt, immortalisé dans Le bonheur: tableaux et bavardages, publié en 1986 aux Editions du Rocher, l'un des livres les plus autobiographiques de Philippe Delerm: 
J'ai du mal à écrire, aussi, sur un autre sujet que Yaourt - oui, c'est son nom, il aime le yaourt presque autant que les pulls en laine. Une colline rousse se profile à l'horizon de ma page du soir. (Le Bonheur: Tableaux et Bavardages Ph. Delerm p.77)
Qui pouvait penser que la première création littéraire de Vincent serait une épitaphe?
Il m'a demandé un clou et un marteau. Il a cassé des branches, et fabriqué une petite croix tordue qu'il a plantée dans la cour, tout près de son jardin. Il a disposé tout autour la plus belle pierre de sa collection - un quartz rose translucide et doux - , la marionnette de Yaourt que Martine avait faite, une immortelle rouge, et un message: "Yaourt, Minou, mon chat, mon frère. Que ces quelques mots te soit familial." (Le Bonheurs: tableaux et bavardages Ph. Delerm p.88)
A ses heures perdues, Vincent fait flotter des bateaux en papier sur la rivière d'à côté, joue au jardinier, lit Boule et Bill et Les Schtroumpfs, s'adonne à des activités théâtrales dans les déguisements que lui fait sa maman avec le tissu du Toto Soldes de Rouen. Je n'invente rien:
- Tu peux essayer mais il est juste piqué. Fais attention aux manches et aux épingles.
Bouche fermée, regard baissé, au plus profond de lui, cérémonieux, Vincent s'avance vers la glace du palier. Ce bouffon là n'est pas celui des bosses et des grimaces. C'est le bouffon d'une alchimie princière, transparente. ( Le Bonheur... p.91)
Ceci explique sans doute cela: (Juin 06 Saint Brieuc)
Pas de télévision chez les Delerm mais des jeux de société. (Aujourd'hui, alors que le grand carré bleu a finalement trouvé sa place dans la luxueuse chaumière de Beaumont-le-Roger, c'est l'ordinateur à qui l'on ferme sa porte. ) Faute de RécréA2 et de Jacques Martin, on écoute des disques: Alain Souchon, Françoise Hardy, Barbara. Vincent voue une passion pour un certain québécois du nom de Gilles Vigneault dont il connaît les chansons et les chorégraphies par coeur! Et puis, on va au spectacle, dans les villes de la région ou à Paris: Philippe Chatel, Yves Duteil, les Frères Jacques mais aussi Julos Beaucarne, Angelo Branduardi (mais c'est qui ces gens???) s'immiscent déjà doucement dans l'inconscient artistique du bambin. D'ailleurs, bien plus tard, lors d'un concert en 2004, Vincent reprendra la merveilleuse, la sublime, la génialissime chanson "Thé de Chine ou de Ceylan" de Philippe Chatel, ce dernier prouvant ainsi qu'il pouvait écrire des chansons d'amour tristes et romanesques et pas seulement des comptines où les ratons laveurs rêvent d'être en couleur et où les hérissons qui piquent ne veulent plus piquer. Malheureusement, les raton laveurs sont noirs et blancs, les hérissons piqueront toujours et Vincent Delerm ne sera jamais facteur. C'est la destinée.
Je regarde grandir Vincent. Il vient d’avoir huit ans. Je sais un peu ce qu’il devient dans la tendresse, quand il nous dit: "Plus tard, je serai facteur. Comme ça, je vous verrai tous les matins! Et puis il éclate en sanglots… (Le Bonheur... p.89)
C'est'y pas mignon?
Que reste-t-il aujourd'hui de cette enfance, de ce pays d'Avant dans le répertoire de Vincent Delerm? Des influences musicales, certes, on les connaît toutes, mais aussi cette tendresse, ce calme chaleureux, cette inventivité élégante, cet enthousiasme doux et ce bonheur petit mais si bien composé que l'on retrouve autant dans les pages de Philippe Delerm que dans les chansons de son fils. Et plus concrètement, un bonbon Krëma, pas acidulé, mais de ceux qui ne sont pas difficile à mâcher, de ceux que l'on mange dans les autocars avec les copains, lors des Voyages Scolaires.
Je veux passer la vie, Comme un voyage scolaire...
VOYAGE SCOLAIRE C'est en 1997, à Louviers, que Vincent Delerm interprète pour la première et dernière fois cette chanson qui raconte les aventures trépidantes que nous avons tous vécues au cours de ces sorties culturelles où il était beaucoup plus intéressant d'écouter des cassettes dans le car ou de balancer de l'eau aux garçons dans les chambrées que de visiter les couloirs gris et interminables des châteaux de Blois. J'ai eu du mal à imaginer ce que pouvait bien être une "boule de neige en verre" mais il s'agit bien là d'une "boule à neige en verre"! Prêts pour le départ? Dites au revoir à vos parents, on est parti!
C’est un truc marqué au tableau
Sortie au Palais de Chaillot
Rien que pour quarante balles
Et l’autorisation parentale
C’est la tapisserie de Bayeux
Pour les CM1 / CM2
Un polycopié mauve et blanc
A faire signer par les parents
Je veux passer la vie
Comme un voyage scolaire
Comme une sortie à Paris
Comme le retour d’Angleterre
Je veux passer les nuits
Sur des autoroutes à l’envers
Quitter le zoo de Thoiry
Avec une boule de neige en verre
C’est le carrelage de la cuisine
Qui s’enferme entre deux tartines
C’est le papier d’alu pique-nique
De la sortie pédagogique
Je traînerai mon sac à dos
Dans le musée des arts déco
Une cassette du Poinçonneur
A faire passer jusqu’au chauffeur
Je veux passer la vie
Comme un voyage scolaire
Comme une sortie à Paris
Comme le retour d’Angleterre
Je veux passer les nuits
Sur des autoroutes à l’envers
Quitter le zoo de Thoiry
Avec une boule de neige en verre
Je me souviens mieux du trajet
Que des toiles du Musée d’Orsay
Dans le car avec Nicolas
Assis derrière Virginie et Sandra
En ressortant de la Duchesse
Les restaurants étaient en fête
La Seine les khebabs les pavés
La nuit avait plutôt bien commencé
Je veux passer la vie
Comme un voyage scolaire
Comme une sortie à Paris
Comme le retour d’Angleterre
Je veux passer les nuits
Sur des autoroutes à l’envers
Quitter le zoo de Thoiry
Avec une boule de neige en verre
(Merci chaleureux et amical à Marie-Charlotte pour sa participation!)
08 novembre 2006
Une blague Carambar?
AVANT... ...APRES
... ET ENCORE APRES ...
L'explication Cochon qui Rit...
PUISSANCE QUATRE
Chantée lors de la première tournée de Vincent, en 2002, ce joyau, cette ode au Cochon qui Rit et au Pictionary se trouve sur le DVD "Un soir boulevard Voltaire"
La partie de Puissance quatre
était plutôt mal engagée
tu m’avais laissé sur la droite
au moins trois possibilités
malgré tous les conseils tactiques
que je t’avais alors donnés
pour des raisons énigmatiques
nous n’y avons jamais rejoué.
Trivial poursuit j’en étais sûre
je t’ai déçue énormément
sur une question littérature
à la portée d’un débutant.
Malgré mes études littéraires
mon exposé sur Ionesco
mon unique et seul camembert
je l’ai eu sur John Mc Enroe
et j’ai déposé avant hier
une plainte contre Ravensburger.
Je ne sais pas ce qui m’a pris
le 15 avril à 18h
de ressortir le Mémory
de ma part c’était une erreur.
Tu as dit c’est vraiment curieux
ta mémoire est beaucoup plus claire
pour retrouver une girafe bleue
que pour ma date d’anniversaire
Le Cluedo chose prévisible
a déclenché tout un procès
tu m’as trouvé bien insensible
à l’atmosphère de crimes anglais.
Si tu ne peux même pas apprécier
les ambiances d’Agatha Christie's
nous pouvons déjà annuler
les vacances à Glastonburry
et j’ai déposé avant hier
une plainte contre les jeux Parker.
Je suis plutôt quelqu’un d’ouvert
et je n’avais pas jusqu’ici
envisagé la crise de nerfs
au milieu du Pictionary
comment justifier dis-le moi
notre rupture de vendredi ?
Mon entourage n’admettra pas
l’explication … Cochon qui rit.
Et j’ai retrouvé avant hier
le jeu du solitaire.
(Merci chaleureux à Marie-Charlotte pour sa participation)









