Catégorie Vincent Delerm

Blog consacré à...ben, Vincent Delerm

28 novembre 2006

Cigale: quelques liens

N'ayant pas trop le temps de vous faire profiter de ma prose par cette période de conseils de classe, contrôles et rendez-vous médicaux divers, je vous dirige, en attendant le week-end qui sera certainement beaucoup plus productif, vers deux chroniques sur les concerts de Vincent à la Cigale:

Agoravox sur le concert du 23 novembre

Froggytest qui vous fait un vague résumé de, ben, c'est dur à dire de quoi. Mais bon.

Bon, ben, voilà, quoi...

Crème

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26 novembre 2006

La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie V et FIN)

       Suite et fin du feuilleton à rebondissements de la Première à la Cigale le 21 novembre 2006:

    Vincent quitte la scène. C’est l’heure des rappels. Les avis sont souvent partagés concernant ces derniers.cigale211106n4 Personnellement, je suis mitigée. Comme je le disais ailleurs, le fait de devoir réclamer la suite du spectacle me paraît artificiel, et bizarrement, je suis souvent moins attentive lors des chansons interprétées en rappels, comme si j’étais déjà sortie en esprit du concert et pensais déjà à trouver mon ticket de métro et récupérer mon parapluie tombé sous le fauteuil au lieu de continuer à jouir du spectacle. Doit-on demander à notre primeur de rajouter les quelques fruits qui manquent pour faire un kilo, en lui disant qu’il est le plus beau, le plus fort, que ses bananes et ses mandarines sont les meilleures du monde et que cela nous ferait tellement plaisir d’avoir la totalité de ce qui nous est dû ? Pourtant,  il faut bien avouer que l’intensité va jusqu’à redoubler quand, les lumières encore éteintes, nous frappons des mains et tapons des pieds, pressant l’artiste de revenir. Mais a-t-on besoin de commencer si tôt ? Cela semble être une petite manie de certains artistes de la Nouvelle Scène Française. Un journaliste de Libération (paix ait son âme), a parlé de "mauvaise habitude française". Cependant, pour prendre un exemple, les concerts d’Alain Souchon ne comportent qu’un ou deux rappels. Brel ne répondait à aucun bis ; il donnait tout d’un bloc et ressortait de scène, suant et vidé, pour ne jamais revenir. « Il faut quitter la table avec la faim » dit le proverbe.

    Malgré tout, il faut bien avouer que cette fois-ci, les rappels de Vincent ont commencé beaucoup moins tôt et que la durée du spectacle 2006 est d’environs deux heures, contre une heure trente à une heure quarante cinq en 2004 où nous devions bisser (avec un « b ») à peine soixante-dix minutes après le levé de rideau !

    Enfin, après nos réclamations de convenance, Vincent revient ! « Ouaiiis », crie le peuple avant de mettre quelques secondes à se rasseoir, luttant avec strapontin, manteau, sac et bouteille d’eau roulés à terre dans l’euphorie.

    Pendant ce temps, Vincent explique qu’il aime bien mettre du temps à revenir sur scène pour faire peur à son père qui croit que les gens vont finir par partir.

    Et là, il semblerait que ce soit au tour de Kensington Square. Je dis « il semblerait » car je n’ai aucun souvenir de ce moment. Je sais, pour avoir déjà vu le spectacle en octobre dernier, à Conflans saint Honorine, que cette version avec le groupe est nettement plus attrayante que celle piano-voix où j’avoue avoir piqué un peu du nez lors du Bataclan 2002, mais je ne peux vraiment vous décrire ce que j’ai ressenti cette fois, à La Cigale. C’est le trou  noir.

   Ambiance British oblige, Le Monologue Shakespearien suit de près la Bentley dans les rues de Londres. Alors que nous reprenons la chanson en chœur, Vincent complique les choses en remplaçant « une pièce polonaise » par « une pièce finlandaise » faisant sans doute écho aux « film finlandais sous-titré » de « C’est Bibi ». Quel taquin, ce Delerm !

    Comme l’ambiance est chaude et belle, nous voilà partis pour Il Fait si Beau. Le coup des affiches Benetton fait bien rire. Et notre chère Christine Boutin se prend encore au passage un petit coup de « name dropping » dans le tibia.

    Re-bis. Comment appelle-t-on un deuxième bis ? Un bis bis ? Un ter ? Après trente longues secondes d’un suspens insoutenable, Delerm apparaît avec celle dont il était amoureux quand il était ado et surtout celle qu’il invite régulièrement sur scène ou sur album, je veux parler bien sûr de…mais non, pas Christine Boutin, de l’actrice Irène Jacob. Je profite de ce passage pour dire que « Cosmopolitan » me manque beaucoup cette année, de même qu’ « Evreux » et « La vipère »…m’enfin, c’est pas moi qui choisis. Ceci étant, mon désir est presque exhaussé, car les deux tourtereaux nous offrent un duo inédit de La Vipère du Gabon où, comme vous le devinez, Irène joue la fille qui « attend des jumeaux » et Vincent le gars qui « sors toujours avec cette conne ». Cette version perd un petit peu de son intérêt premier, (la subtilité de cette chanson résidant justement dans le fait que c’est une seule personne qui rapporte tout le dialogue ce qui illustre encore mieux ce genre de conversations croisées et complexes que nous connaissons tous lorsque nous discutons avec une personne en faisant quelque chose d’autre en même temps), mais comme on connaît déjà la chanson et son rouage original, ce n’est pas bien grave. On enchaîne sur le chef-d’œuvre de Laurant Voulzy Mon Premier C’est Désir. Nous voilà projetés au cœur d’un second degré langoureux, où les « dadadam » Delermiens répondent amoureusement aux « Houhouhou » Jacobiens.

      Après avoir salué, les deux amis repartent dans les loges (comme on le voit sur la photo plus haut, non, ils n’avaient pas mis de chorégraphie au point contrairement aux apparences) et nous de repartir pour un troisième tour de standing ovation et de « Une autre ! Une autre ! » . Cette fois-ci cependant, le moment d’attente est légitimé puisqu’enfiler un cigale211106n2poncho, se coiffer d’un sombrero et poser sous son nez une fausse moustache retenue par un élastique peut bien prendre une bonne quinzaine de secondes. Et cela donne ce que vous voyez sur les clichés qui illustrent cette ultime partie de mon compte-rendu. Cela se passe de commentaires. Natation Synchronisée devient un petit moment de fête où Mathieu Mathuriau nous fait une démonstration de cris « à la mexicaine » qui font rire Delerm sous sa moustache qui lui donne de faux airs de détrousseurs de touristes en rase campagne. Pour compléter l'équipement du parfait petit "bobeauf", Vincent sort alors un tube à confettis qu'il ouvre tant bien que mal, sous les "houras" de la foule.

    Et comme quand y’en a plus, y’en a encore, après un je-sais-plus-combientième rappel, Les Jambes de Steffi Graff viennent clore ce match de pratiquement deux heures. Un feu d’artifice en noir et blanc sur l’écran sert de bouquet final et moi je suis bien contente d’avoir fini cette chronique dont je ne voyais plus le bout et qui permettra sans doute à beaucoup d’entre vous de revendre leurs billets pour les futures autres représentations puisque finalement, vous n’avez plus vraiment besoin de voir ce spectacle dont je ne vous ai épargné aucun détail.

    Cependant, pour les incorruptibles, il semblerait que la semaine prochaine, Irène Jacob soit remplacée par Alain Chamfort pour un duo sur L’Ennemi Dans la Glace si mes souvenirs sont bons. (info non sûre.)

    Au cas où cela vous intéresserait, je suis repartie en métro. Avant de quitter la salle, j'ai aperçu au balcon un Philippe Delerm soulagé et une Martine Delerm enthousiaste. Les gens avait l’air ravi et ma foi, moi aussi!

                                                                         Nounoursenbo_te_014

                                                                                                   

FIN

Les photos sont de Vindel sauf la dernière qui est de moi ; c’est la seule qui soit à peu près correcte d'ailleurs.

La video amateur de Mon Permier c'est Désir est de TheOlive31.

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24 novembre 2006

La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie IV)

    Allez, je reprends du service pour la quatrième partie ! Quel marathon !

    Après cet intermède carambaresque, le groupe enchaîne avec entrain par Fanny Ardant et moienfin, « et lui ». J’en ai déjà parlé dans ce blog mais je suis fan de cette nouvelle version qui me semble, aujourd’hui, être jouée comme elle aurait dû toujours l’être. Alors qu’auparavant, Vincent donnait parfois l’impression d’être pressé d’expédier la chose, cette nouvelle mouture au tempo plus lent donne un côté plus balancé dont je ne me lasse pas. Malheureusement, n’étant pas une grande mélomane, je ne peux vous en dire plus. Le plaisir d’écouter de la musique est finalement comme tous les plaisirs, (comme manger un chocolat liégeois, être embrassée dans le cou ou regarder la énième rediffusion des Bronzés à la télé), il ne s’explique pas.

    N’étant pas une fan incontestée de certaines chansons lentes comme Le Baiser Modiano ou 29 Avril au 28 Mai, (au fait je ne sais pas vous, mais je suis incapable de me souvenir du titre de ce dernier morceau ! J’aurais préféré un titre genre « Si elle devait dire » ou « l’Affiche », d’accord c’est moins mystérieux mais plus pratique) …bon, heu, où j’en étais avec ma parenthèse, là, je perds le fil…oui, donc, je ne suis pas une grande fan devant l’Eternel de ces deux chansons, et avoir les deux alignées, comme ça, l’une après l’autre, a bien sûr donné un beau moment d’émotion « piano-voix » mais aussi, j’avoue, a tout de même suscité chez moi un petit bâillement…tout petit, tout petit. Joli passage cependant, lorsque Ibrahim Maalouf entre lentement en scène, dans la pénombre, et finit par accompagner Vincent à la trompette. Et ça, ça fiche tout de même la chair de poule.

    Le réveil est brutal, puisque après avoir déroulé un écran du style « projection de diapos sur les dissections de grenouille en cours de science nat’ en classe de 4ème », nous voilà invités, nous, public encore somnolants dans les alcools des Mojitos du Baiser Modiano, à interpréter Tes Parents, guidés par un diaporama des plus cocasses. "Comme vous le savez j’ai chanté cette chanson un paquet de fois. Alors pour changer, vous allez le faire à ma place". Je n’ai pas besoin de vous rappeler le débit rapide de cette chanson. Nous voilà ainsi embarqués dans une course poursuite bon enfant où nous essayons, un peu laborieusement, de suivre ce karaoké « vintage ». Les diapos sont en fait composées alternativement d’extraits de paroles, bon, là, ça va, mais aussi de photos, rendant le jeu plus compliqué. Comment comprendre en voyant la photographie de la façade d’un immeuble que nous sommes censés chanter « dire du mal des voisins d’en face » ? Hein, comment ? Enfin, jamais on n’a vu artiste se réjouir autant de voir sa chanson massacrée par mille personnes à la fois. Pour ma part, je ris encore en repensant à cette diapo de Vincent cravaté jusqu’à la glotte et roulant de gros yeux terrifiés à l’approche d’une huître. ( Oui, là, il fallait dire « manger des huîtres au réveillon », vous avez bien compris le mécanisme de ce rébus musical.) La partie lente du morceau, est reprise par Delerm, qui nous gratifiera une fois de plus d’une petite modification de circonstance : Alors, Vincent, vous avez entendu la nouvelle chanson de Renaud ?

    Nouvelle interlude. Vincent brûle de savoir combien d’entre nous ont le BAFFA. La lumière s’allume sur le public et quelques doigts se lèvent. « Bougez les mains, j’ai pas mes lunettes » demande le chanteur qui doit avoir une vision vachement précise de son public pendant les spectacles ! Laissez tomber vos décolletés les filles, c’est peine perdue ! Notre hôte joue ensuite les mouchards en nous racontant que les Bruxellois, quelques concerts plus tôt, avaient peur de dire qu’ils n’avaient pas leur BAFFA parce qu’ils ne savaient pas ce que cela voulait dire. Enfin, tout ça pour introduire une version mise à jour des Filles de 1973 ont trente ans, qui devient avec une logique implacable : Les Filles de 1976 ont Trente ans. Cette fois, les filles ne vont plus voir Rain Man mais Bagdad Café, passent leur Baffa, recopient les paroles de Puisque tu Pars et s’exclament « Ah tu crapotes ! »…si ma mémoire ne me fait pas défaut. La liste des noms filles de 1973 change aussi, (out, Katia Boccage !) ce qui nous vaut une nouvelle interruption explicative consacrée entièrement à une certaine Mathilde Lerute (Mathilde, si tu me lis…) : Mathilde Lerute, c’était une camarade d’école primaire de Vincent qui montrait sa culotte en faisant le cochon pendu (Mathilde, pas Vincent) et dont tous les garçons étaient amoureux. Un jour, pour l’anniversaire de Mathilde Lerute, il y a eu un jeu de pêche à la ligne ; notons à cette occasion un grand débat terminologique entre le chanteur et quelques spectateurs pour savoir si on devait appeler ce divertissement « la pêche à la ligne », Vincent affirmant que ça, c’était pour les truites et pas pour les cadeaux surprises de Mathilde Lerute, et que les crochets de cintres ne pouvaient être appelés des « hameçons ». Donc pendant cette « pêche aux cadeaux surprises », Vincent a choisi le cadeau le plus gros, cadeau qui était finalement plus emballé de papier qu’autre chose et qui s’est avéré être « un truc plat tout plié qu’on ouvre et qu'on se met sur la tête quand il pleut » et même que Mathilde Lerute, graine de salope, lui a demandé de le mettre. L’histoire ne dit pas si Vincent s’est exécuté. Donc enfin, tout ça pour dire qu’un beau jour, Mathilde Lerute est partie vivre en région parisienne et un copain d’école nommé Rodolphe Mérieux a réussi à obtenir son adresse. Comme l’on sait que les garçons, à cet âge, sont un peu bêbêtes, et cela ne s’arrange pas avec le temps, Rodolphe Mérieux a demandé à Mathilde Lerute si elle était amoureuse d’un des garçons de la classe quand elle vivait en Normandie, et si oui lequel. Et il paraîtrait que Rodolphe Mérieux a dit que Mathilde Lerute aurait répondu « Rodolphe Mérieux ». (Si un jour on m’avait dit que j’écrirais toute une page de blog sur Mathilde Lerute et Rodolphe Mérieux… Je note au passage qu’un certain Rodolphe apparaît dans l’un des livres de Philippe Delerm Bonheur : tableaux et bavardages ; c’est l’un des camarades de classe qui venait jouer et se déguiser chez les Delerm quand leur fils était enfant…) Enfin, la chanson reprend ! Vincent fait chanter le public, enfin, pas tout le public. C’est d’abord au tour des Sagittaires : "Les filles de mille-neuf-cent soixante-tr…heu...seize…ont trente ans…lalalala". Puis c’est au tour des béliers ; je doute que ma voix de Charlotte Gainsbourg en prise avec une extinction ait été des plus efficace dans cet exercice, mais bon…puis seulement les gens qui croient que Rodolphe Mérieux a raconté des conneries…tous les fayots que nous sommes reprenons en chœur : Les filles de 1973…heu...seize…ont trente ans…lalalala. Enfin, séquence nostalgie : « seulement les Strauss Khaniens » : trois pelés et deux tondus s’égosillent au fond de la salle : "Vous ne pouviez pas le dire plus tôt" ! s’exclame le chanteur. Rappelons que ce concert se déroule à peine quelques jours après l’élection par les militants du PS, de Ségolène Royal. Delerm, serait-il Strauss Khanien ?

Et dans la partie V…la dernière, j’espère, vous verrez comment Vincent a fait peur à son papa…

Les extraits vidéo sont de TheOlive31 sur Youtube.com. Si vous voulez que ces vidéos soient retirées, contactez-moi par mail.

   

   

   

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N'oubliez pas...

Ce soir, sur France 2, Taratata avec Franck Monnet et Vincent Delerm et leur fameux (enfin, fameux, c'est beaucoup dire), Si maman, si... C'est à 23h30.

Pour ceux qui ont le câble, Vincent sera aussi dans Paris Dernière sur la chaîne Paris Première. C'est avant Taratata, à 22h30, d'après les infos prises sur le Forum (Noir) non Officiel de Vincent. (remarquez, il n'existe pas de forum officiel.)

Bonne soirée!

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23 novembre 2006

La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie III)

    cigale03hr0Sans désemparer, Vincent s’installe derrière le piano. Mais quand je dis « derrière », je veux dire « derrière », pas « au » piano. Voyez-vous la nuance ? Je me demande si ce n’est pas pour jouer d’un clavier…je ne sais plus, ça m’a échappé. En tout cas, c’est l’heure de l’embarquement pour Voici la Ville avec son atmosphère intime et nocturne. Un film noir et blanc sur Rouen défile, sombre et flou, dans le fond de la scène. On aperçoit la silhouette de la Cathédrale au milieu des maisons, les lumières de la banlieue, la Seine argentée, un peu style ambiance générique de « Paris Dernière ».

    Remontons ensuite le fleuve jusqu’aux bouquinistes du quai des Grands Augustins à Paris. Vincent retourne à son piano et dans une ambiance jazzy endiablée, nous revoilà une fois de plus en train de parcourir Les Quatrièmes de Couverture. Comment se lasser de cette merveille, pour l’occasion réarrangée et qui sera, du reste, l’un des morceaux les plus applaudis de la soirée ?

    Mais chez Delerm, on aime les douches écossaises musicales, en l’occurrence, celle-ci sera plutôt suédoise, puisque la douceur reprend une fois de plus ses droits alors que Peter Von Poehl (vous savez, le gars de la partie I de mon compte-rendu ?) entre en scène, un magnétophone à la main. Il le pose sur le piano (c’est vraiment pratique un piano…c’est vrai, on ne peut rien poser sur une guitare, ou alors de toutes petites choses comme un briquet ou un paquet de Kleenex), le met en marche et repart d’où il est venu. Les deux bandes commencent à tourner et, contre toute attente, la voix du suédois s’en évade. Quand je connaissais Marine J’ai beaucoup réfléchi, comme vous, sans doute, à la raison pour laquelle Delerm n’a pas exceptionnellement délaissé le truc du magnéto ce soir-là, puisque Peter von Poehl était à la Cigale, en chair et en sweat-shirt. J’ai d’abord, mauvaise langue, pensé que Peter ne se sentait pas capable d’interpréter ce morceau sur scène puisqu’il a avoué avoir un peu de mal à chanter en français. Mais ce détail aurait-il pu vraiment arrêter les deux hommes ? Quelle importance que Peter ait chanté en français ou en yaourt ? J’ai ensuite préféré l’idée qu’une voix lointaine, comme venue d’ailleurs, devait mieux symboliser l’idée de l’ex amant disparu mais qui pourtant est toujours présent, à chaque instant, dans la vie du couple nouvellement formé. Il faudra divisé certains sentiments par trois… J’ai particulièrement aimé ce jeu de tambour si délicat de Nicolas Mathuriau ; vous savez un peu comme sur cette chanson interprétée par une femme grecque célèbre… Sur la route Parum Pum Pum Pum…Petit Tambour s’en va…Parum Pum Pum Pum…

    Bon enfin, puisque nous sommes en Grèce (un peu par ma faute, j’avoue), rejoignons Naples d’un saut d’autobus Positano. Vincent raconte qu’il y est allé il y a deux ans, un peu en traînant les Converses, mais que cela lui a permis d’écrire deux textes : A Naples Il y a et Déjà toi…Vincent nous y conte le charme et l’euphorie d’un amour naissant ; on voyage énormément dans cette chanson : de bus en tramway nommé Désir à Naples, l’amoureux transi prend le métro à Barbès, correspondance Gare de l’Est où il court prendre un train pour le Kenya alors que finalement, sa princesse l’attend quelque part rue Condorcet. Tout ça pour en arriver à cette terrible conclusion : le début d’une histoire, c’est toujours ce qu’il y a de mieux. Pas étonnant que tous les contes de fée se terminent où commence le mariage.

    Mais c’est l’heure de Sépia Plein les Doigts. Le groupe de Vincent redouble d’enthousiasme tandis que descigale01rj7 images publicitaires fournies par l’Education Nationale au temps où nos parents portaient des culottes courtes et mangeaient du Kiri, défilent sur l’écran. Les messages de l’époque sont drôles par leur niaiserie. Pour faire faire des économies à vos parents, n’acheter pas de bonbons et ne passez pas sous un autobus avec votre bicyclette ! C’est vrai qu’aujourd’hui on a remplacé les bon-becs par des Play Stations, et les autobus, les enfants préfèrent y mettre le feu.

    Pour redonner le moral aux troupes (personnellement, je ne trouve pas Sépia Plein les Doigts particulièrement déprimante, d’où mon interrogation concernant la pertinence de ce qui va suivre, même si c’est très rigolo), Vincent nous explique qu’il doit raconter une histoire drôle à ce moment du spectacle. Après une énième édition de la fameuse devinette « Qu’est-ce qui fait nioc nioc nioc ? Réponse : un canard qui marche à reculons » qui aura d’ailleurs un succès très mitigé auprès du public parisien, Vincent sort sa botte secrète : la blague Carambar ! J’ai eu l’idée avant lui mais bon, le voilà qui sort donc son papier de caramel et commence à lire : « Comment reconnaît-on une vieille folle dans un aéroport…ah ben non, la réponse est coupée. » C’est ça ce que j’aime bien chez Vincent Delerm, tous ces petits ratages faits exprès qui ont été préparés à la virgule près. Dans le public, une jeune femme réclame une histoire par Ibrahim Maalouf qui pique un fard dans sa trompette. « Quelqu’un de la famille ? », taquine Vincent. Pour sauver le trompettiste, notre chanteur utilise ses dernière munitions : la blague carambar à la fraise : « Quel est le comble pour un jaguar et une panthère ? Réponse : Etre félins pour l’autre. » L’assistance ne rit pas mais écrase une petite larme attendrie. (Message perso : je rappelle au passage que « Félin pour l’autre » est le titre de l’unique album du groupe Luna Parker, vous savez « Tes états d’âme Eric » ? Rien à voir avec le concert, mais j’adore cet album. D’ailleurs, si quelqu’un le possède en CD, quelque part dans sa cave, je veux bien vous le prendre contre un paquet de Carambars…

    A suivre …la partie IV arrive bientôt..   (ben dites donc ! Il était long ce concert !)

Les photos sont de Vindel

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22 novembre 2006

Oui mais bon...

DANS LA MESURE OU IL PLEUT

Voici le texte en avant première mondiale et universelle de l'unique inédite (si on ne compte pas Les Marmots) de la tournée 2006-2007. Merci à Vindel et sa mémoire d'éléphant. ;-)

Dans le square  Nous aurions  Pu nous voir  Oui mais bon  Sur la place  Nous aurions  Pris une glace  Oui mais non  REFRAIN: Dans la mesure où il pleut  Dans celle où tu me plais  Il n'y avait rien à faire de mieux  Que ce que nous avons fait  Dans la mesure où ton corps  Me fait de l'effet  Dans la mesure où dehors  Il pleuvait   Cirque d'Hiver  Nous aurions  Vu quelques dromadaires  Oui mais bon  Olympia  Nous aurions  Vu quelques québécois  Oui mais non  REFRAIN Chez ta soeur  Nous aurions  Parlé des trente-cinq heures  Oui mais bon  Chez Michou  Nous aurions  ........................(silence voulu)  Oui mais non  REFRAIN

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La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie II)

    Entracte court et détendu au cours duquel les derniers retardataires tentent de trouver une place : nous regardons deux campeurs débutants essayant de monter une tente…ah, non, ce sont en fait deux techniciens qui hissent un immense voile blanc jusqu’à la voûte céleste de la Cigale, voile qui cachera bientôt la quasi-totalité de la scène. Un boute-en-train à mes côtés émet l’hypothèse que c’est le sosie de Vincent qui jouera ce soir et qu’il ne veut pas qu’on s’en aperçoive. (boîte à rires) D’autres parlent d’ombres chinoises. Ils ne savent pas que cette « moustiquaire » improvisée protègeranotre chanteur , le temps d’une chanson, des « Piqûres d’Araignée » et servira d’écran improvisé à un petit film super 8.

    Beaucoup d’éléments sont volontairement ringards dans ce spectacle. Ainsi, cette espèce de drap Cigale211106presque froissé fera penser à ces séances de projections d’autrefois, quand, lors de réunions familiales, on revoyait les films de bébé devenu grand et des petits cousins au camping des Flots Bleus en 1981. Le bruit d’un film super 8 qui tourne attire l’attention des spectateurs. Les lumières s’éteignent.

    Le public découvre un petit film où se succèdent des plans d’arbres morts, de tas de cailloux ou des chats bougons au soleil. Cela ressemble à ces milliers d’autres reportages de vacances  faits maison, un peu kitsch, que nos papas faisaient quand on était petits. On y aperçoit, dans l’hilarité générale, un Vincent barbu et la cuisse alerte, marchant d’un pas athlétique dans la campagne du Sud de la France, Vincent en champion-beauf-frimeur de ping-pong, Vincent en short bleu époque Michel Platini s’essayant à quelques passes de football sur un terrain désert dont le sol finit par lui brûler les pieds…enfin, Vincent en « héro de tout l’étang », s’adonnant à quelques brasses fanfaronnes avant de laisser place à ses copines, gracieuses naïades, ces filles qui réveillent un soir d’été Les Piqûres d’Araignée. La lumière se fait alors derrière l’écran  et le visage de Vincent assis au piano, apparaît, encore un peu irréel, pendant qu’on entame la chanson.  Le drap finit par tomber comme dans un concert de Mylène Farmer et le groupe se dévoile totalement.

    Vincent prend l’habitude de raconter une anecdote en début de spectacle. Elle change à chaque concert. Ce soir, il nous raconte que la dernière fois qu’il a fait la Cigale, il était tout seul au piano mais que depuis, il a des amis (boîte à rire) et que ça lui fait quelque chose de revenir. Il avoue ensuite avoir bouché le lavabo des loges avec la cire d’une bougie lors de son dernier passage dans cette salle mais qu’il est rassuré ; le lavabo fonctionne à nouveau.

    On enchaîne avec J’t’ai Même Pas Dit, merveille jazzy où le public oubliera de chanter les fameux « j’t’ai même pas dit » éponymes du refrain, pour se contenter de les siffloter, ce qui a bien fait rire notre chanteur.

    Ambiance très plaisante, et un Delerm de bonne humeur, donc. On est loin de la quasi-austérité un peu décevante de certaines Cigales de 2004. Les Avalanches prend une dimension plus distinguée en live, Vincent a quitté quelques instants son grand piano noir pour s’asseoir par terre avec un petit clavier. Quelques perles sont rajoutées au texte aujourd’hui mythique, et l’on apprend que sa dulcinée n’a pas le chignon de Miss Réunion, ni le regard vague de Miss Camargue, et encore moins les seins en poire de Miss Pays de Loire…T’as pas l’ style Bachelot d’la dame avec un chapeau, conclue Vincent qui ne voulait pas s’arrêter à Christine Boutin.

    Mais redevenons sérieux et faisons une visite à Ambroise Paré pour quelques minutes, afin de retrouver un peu de l'époque révolue du piano-voix.

    Pas le temps de nous appesantir cependant sur ce blues des chambres d’hôpital, puisque Vincent enchaîne pour nous expliquer sa conception pour le moins particulière de la chanson française. Il y a selon lui trois sortes de chansons : les chansons "dingues", les chansons "chouettes" et les chansons qui ne sont "ni chouettes ni dingues", c'est-à-dire les chanson pourries. Une chanson de Barbara ou Joe Dassin, c’est une chanson "dingue", une chanson de Brassens, c’est "chouette" et une chanson de Sardou…(boîte à rires), c’est "ni dingue ni chouette"…donc…Michou peut aller rejoindre le clan des victimes de Vincent ; cela fera de la compagnie aux deux politiciennes précédemment citées.

    Donc, cette fameuse chanson dingue et chouette, c’est cette chanson que la maman de Vincent voulait qu’il mette sur son album mais qu’il ne l’a pas fait parce qu’il ne fait pas toujours tout ce que veut sa maman, le vilain. Ce morceau inédit de chez inédit s’appelle (enfin, devrait s’appeler) Dans la Mesure où il Pleut. Il est rare que Vincent parle de cochoncetés dans une chanson. Là, il en parle à demi mots, disons que c’est à peine plus érotique que l’ « l’Heure du Thé », donc vous voyez, on est encore très loin de « Love on the Beat ». J’attends le texte avec impatience ; j’ai ouïe dire qu’un petit malin (enfin, un grand malin devrais-je dire) avait déjà mis la chanson en boîte. Elle consiste plus ou moins en l’énumération d’endroits parisiens divers (comme l’Olympia où l’on va voir quelque québécois, comme chez ta sœur où l’on parle des 35 heures) où l’auteur et sa compagne auraient pu aller « oui mais bon ». Ils s’en sont finalement abstenus « oui mais non », pour des raisons visiblement climatiques et sexuelles.  Pour l’instant, je vous livre quelques bribes prises en notes dans le noir, sur mes genoux, avec un stylo qui ne marchait pas : Dans la mesure où il pleut, dans celle où tu me plais, Dans la mesure où ton corps me fait de l’effet… Bon, ça n’a pas l’air, mais je vous jure qu’elle est bien, cette chanson…

    Poursuivons ensuite par un voyage quasi-oriental où le violon de Dominique Juchors, le violoncelle de Frédéric Kret, la trompette d’Ibrahim Maalouf, les..heu…petits tam-tams (je sais pas si ça s’appelle comme ça…) de Nicolas Mathuriau et pourquoi pas la basse de Bernard Vignic ont métamorphosé ce morceau autrefois simplement marrant et simplement sympa, en le rendant presque sensuel avec son rythme plus chaloupé qu’auparavant, entraînant d’ailleurs Vincent dans une danse presque lascive, le corps ondoyant, les mains faisant des vagues troublantes au-dessus de sa tête. Bref …j’en fais peut-être un peu trop, là !

    Je vous laisse vous remettre de vos émotions. Rendez-vous bientôt pour la troisième partie…

 

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La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie I)

fronton     Hier soir, j’ai pensé à quelques lecteurs de ce blog qui devaient être dans la salle, j’ai pensé aussi à Marie-Charlotte qui, depuis sa province lointaine, devait être en train de penser à moi, j’ai aussi un peu pensé à Vincent Delerm qui, quelque part dans les loges, devait penser à lui-même.

    Donc nous y voilà! La première de ce marathon "cigalien" de trois semaines dont nous avons réservé les places depuis quatre ans…enfin, depuis quelques mois. Certains artistes y joueront sans trop déranger, le lundi soir:  Franck Monnet, Sebastien Martel, Miossec… Vincent recomptera les petites cuillères et les sombreros après leur passage.

    Arrivée mouillée à la Cigale. J’achète un parapluie noir à 2€50 dans l’une des nombreuses boutiques de-tout-et-de-rien qui longent le boulevard Rochechouart. Durée d’attente prévue, oh, une heure et quart. Du haut de son fronton, Vincent, les yeux pleins de soleil, nous nargue un peu, nous qui frissonnons sous nos parapluies. Mais les organisateurs ont été sympas, enfin, ils ne l’ont sans doute pas fait par sympathie, mais bon, nous sommes rentrés à 19h30.

    Dans ce genre de situation, on n’a pas le droit d’hésiter, les fauteuils se remplissent à vitesse grand V...comme Vincent. Je trouve une place au 8ème rang. C’est joli la Cigale pendant les concerts « places assises », on se croirait dans un vieux cinéma avec les fauteuils et le grand rideau rouges. Je remarque les deux caméras à chaque extrémité de la scène, prêtes à sévir. Hum…ça sent bon le DVD bonus, ça…ou pourquoi pas le DVD tout court…mais n’extrapolons pas !

    Les couples ne parviennent déjà plus à trouver de place et errent dans les allées en demandant si les fauteuils couverts de pulls et de sacs sont pris. Pauvres naïfs ! Quelques familles « Renault Espace » tentent de caser tout leur petit monde aux quatre coins de la salle. Mais le public est plutôt « trentenaire », ce soir…les plus « vieux », moins impatients, plus raisonnables, seront sans doute plus nombreux en week-end.

    Le rideau rouge, mal fermé, laisse apercevoir le piano et les techniciens qui s’affairent derrière.

    Un micro solitaire, en bord de scène, attend Peter Von Poehl, annoncé comme faisant la première partie.

    Je prépare mon barda : un petit carnet d’adresses dont j’ai changé la fonction première dans l’urgence, un stylo qui marche une fois sur deux…j’avais un seul stylo qui ne marchait pas chez moi, il fallait que je tombe dessus ! Un appareil photo numérique acheté en promo à Carrefour, autant dire que depuis le 8ème rang, je n’avais aucune chance d’avoir des photos potables, à moins que vous ne soyez intéressés par les clichés des quelques nuques des gens devant moi, ou ne voyiez pas d’inconvénient à admirer des photos de « mini-delerms » flous et sombres.

    Il ne faut pas longtemps avant que Peter von Poehl, sa guitare, son harmonica et son incontournable jean fétiche n’arrivent sur scène. Acculé à son rideau rouge, qui lui fera dire dans sa voix saccadée et rigolote de suédois, qu’il se sent comme un conférencier il aligne quelques chansons de son dernier album, impose son univers, raconte de petites histoires, amusant et détendu. Le public est rapidement conquis, accepte de chanter avec lui, les applaudissements fusent. Ce qui fera dire à Peter : Vous êtes gentils. Mon seul regret, il n'a pas chanté "You  can't just get out of my head", reprise géniale de la chanson de Kylie Minogue.

Il sera au Bataclan le 26 janvier 2006.

fin de la première partie...

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Connectez-vous demain mercredi 22/11

Une chronique détaillée de la Première à la Cigale sera mise en ligne. Pour l'instant, si vous permettez, je vais me coucher.

a+

Crème

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16 novembre 2006

Partez au Mexique avec Vincent

Comme je vous l'ai dit, Delerm and Co ont l'habitude de se déguiser en mexicains pour le rappel "Natation Synchronisée". Comme j'ose rarement prendre des photos lors des concerts et que je ne veux pas non plus trop piquer les clichés des autres, je vous invite sur le Forum Noir (forum très familial dont je parle ici, consacré, entre autre, à Vincent) à aller admirer les photos de La Machiavélique Fan.  Ce que l'on ne voit pas sur ces photos, c'est le moment où notre chanteur , grâce à des effets spéciaux si perfectionnés qu'Hollywood nous les envie, ouvre un tube à confettis qui viennent tomber, quand le vent est favorable, sur les genoux des gens... du premier rang. Porte d'embarquement pour le Mexique façon Delerm: c'est ici.

Posté par Creme à 21:43 - Rions un peu! - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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