22 novembre 2006
Oui mais bon...
DANS LA MESURE OU IL PLEUT
Voici le texte en avant première mondiale et universelle de l'unique inédite (si on ne compte pas Les Marmots) de la tournée 2006-2007. Merci à Vindel et sa mémoire d'éléphant. ;-)
Dans le square Nous aurions Pu nous voir Oui mais bon Sur la place Nous aurions Pris une glace Oui mais non REFRAIN: Dans la mesure où il pleut Dans celle où tu me plais Il n'y avait rien à faire de mieux Que ce que nous avons fait Dans la mesure où ton corps Me fait de l'effet Dans la mesure où dehors Il pleuvait Cirque d'Hiver Nous aurions Vu quelques dromadaires Oui mais bon Olympia Nous aurions Vu quelques québécois Oui mais non REFRAIN Chez ta soeur Nous aurions Parlé des trente-cinq heures Oui mais bon Chez Michou Nous aurions ........................(silence voulu) Oui mais non REFRAIN
La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie II)
Entracte court et détendu au cours duquel les derniers retardataires tentent de trouver une place : nous regardons deux campeurs débutants essayant de monter une tente…ah, non, ce sont en fait deux techniciens qui hissent un immense voile blanc jusqu’à la voûte céleste de la Cigale, voile qui cachera bientôt la quasi-totalité de la scène. Un boute-en-train à mes côtés émet l’hypothèse que c’est le sosie de Vincent qui jouera ce soir et qu’il ne veut pas qu’on s’en aperçoive. (boîte à rires) D’autres parlent d’ombres chinoises. Ils ne savent pas que cette « moustiquaire » improvisée protègeranotre chanteur , le temps d’une chanson, des « Piqûres d’Araignée » et servira d’écran improvisé à un petit film super 8.
Beaucoup d’éléments sont volontairement ringards dans ce spectacle. Ainsi, cette espèce de drap
presque froissé fera penser à ces séances de projections d’autrefois, quand, lors de réunions familiales, on revoyait les films de bébé devenu grand et des petits cousins au camping des Flots Bleus en 1981. Le bruit d’un film super 8 qui tourne attire l’attention des spectateurs. Les lumières s’éteignent.
Le public découvre un petit film où se succèdent des plans d’arbres morts, de tas de cailloux ou des chats bougons au soleil. Cela ressemble à ces milliers d’autres reportages de vacances faits maison, un peu kitsch, que nos papas faisaient quand on était petits. On y aperçoit, dans l’hilarité générale, un Vincent barbu et la cuisse alerte, marchant d’un pas athlétique dans la campagne du Sud de la France, Vincent en champion-beauf-frimeur de ping-pong, Vincent en short bleu époque Michel Platini s’essayant à quelques passes de football sur un terrain désert dont le sol finit par lui brûler les pieds…enfin, Vincent en « héro de tout l’étang », s’adonnant à quelques brasses fanfaronnes avant de laisser place à ses copines, gracieuses naïades, ces filles qui réveillent un soir d’été Les Piqûres d’Araignée. La lumière se fait alors derrière l’écran et le visage de Vincent assis au piano, apparaît, encore un peu irréel, pendant qu’on entame la chanson. Le drap finit par tomber comme dans un concert de Mylène Farmer et le groupe se dévoile totalement.
Vincent prend l’habitude de raconter une anecdote en début de spectacle. Elle change à chaque concert. Ce soir, il nous raconte que la dernière fois qu’il a fait la Cigale, il était tout seul au piano mais que depuis, il a des amis (boîte à rire) et que ça lui fait quelque chose de revenir. Il avoue ensuite avoir bouché le lavabo des loges avec la cire d’une bougie lors de son dernier passage dans cette salle mais qu’il est rassuré ; le lavabo fonctionne à nouveau.
On enchaîne avec J’t’ai Même Pas Dit, merveille jazzy où le public oubliera de chanter les fameux « j’t’ai même pas dit » éponymes du refrain, pour se contenter de les siffloter, ce qui a bien fait rire notre chanteur.
Ambiance très plaisante, et un Delerm de bonne humeur, donc. On est loin de la quasi-austérité un peu décevante de certaines Cigales de 2004. Les Avalanches prend une dimension plus distinguée en live, Vincent a quitté quelques instants son grand piano noir pour s’asseoir par terre avec un petit clavier. Quelques perles sont rajoutées au texte aujourd’hui mythique, et l’on apprend que sa dulcinée n’a pas le chignon de Miss Réunion, ni le regard vague de Miss Camargue, et encore moins les seins en poire de Miss Pays de Loire…T’as pas l’ style Bachelot d’la dame avec un chapeau, conclue Vincent qui ne voulait pas s’arrêter à Christine Boutin.
Mais redevenons sérieux et faisons une visite à Ambroise Paré pour quelques minutes, afin de retrouver un peu de l'époque révolue du piano-voix.
Pas le temps de nous appesantir cependant sur ce blues des chambres d’hôpital, puisque Vincent enchaîne pour nous expliquer sa conception pour le moins particulière de la chanson française. Il y a selon lui trois sortes de chansons : les chansons "dingues", les chansons "chouettes" et les chansons qui ne sont "ni chouettes ni dingues", c'est-à-dire les chanson pourries. Une chanson de Barbara ou Joe Dassin, c’est une chanson "dingue", une chanson de Brassens, c’est "chouette" et une chanson de Sardou…(boîte à rires), c’est "ni dingue ni chouette"…donc…Michou peut aller rejoindre le clan des victimes de Vincent ; cela fera de la compagnie aux deux politiciennes précédemment citées.
Donc, cette fameuse chanson dingue et chouette, c’est cette chanson que la maman de Vincent voulait qu’il mette sur son album mais qu’il ne l’a pas fait parce qu’il ne fait pas toujours tout ce que veut sa maman, le vilain. Ce morceau inédit de chez inédit s’appelle (enfin, devrait s’appeler) Dans la Mesure où il Pleut. Il est rare que Vincent parle de cochoncetés dans une chanson. Là, il en parle à demi mots, disons que c’est à peine plus érotique que l’ « l’Heure du Thé », donc vous voyez, on est encore très loin de « Love on the Beat ». J’attends le texte avec impatience ; j’ai ouïe dire qu’un petit malin (enfin, un grand malin devrais-je dire) avait déjà mis la chanson en boîte. Elle consiste plus ou moins en l’énumération d’endroits parisiens divers (comme l’Olympia où l’on va voir quelque québécois, comme chez ta sœur où l’on parle des 35 heures) où l’auteur et sa compagne auraient pu aller « oui mais bon ». Ils s’en sont finalement abstenus « oui mais non », pour des raisons visiblement climatiques et sexuelles. Pour l’instant, je vous livre quelques bribes prises en notes dans le noir, sur mes genoux, avec un stylo qui ne marchait pas : Dans la mesure où il pleut, dans celle où tu me plais, Dans la mesure où ton corps me fait de l’effet… Bon, ça n’a pas l’air, mais je vous jure qu’elle est bien, cette chanson…
Poursuivons ensuite par un voyage quasi-oriental où le violon de Dominique Juchors, le violoncelle de Frédéric Kret, la trompette d’Ibrahim Maalouf, les..heu…petits tam-tams (je sais pas si ça s’appelle comme ça…) de Nicolas Mathuriau et pourquoi pas la basse de Bernard Vignic ont métamorphosé ce morceau autrefois simplement marrant et simplement sympa, en le rendant presque sensuel avec son rythme plus chaloupé qu’auparavant, entraînant d’ailleurs Vincent dans une danse presque lascive, le corps ondoyant, les mains faisant des vagues troublantes au-dessus de sa tête. Bref …j’en fais peut-être un peu trop, là !
Je vous laisse vous remettre de vos émotions. Rendez-vous bientôt pour la troisième partie…
La Cigale 2006: coup d'envoi 21/11/06 (Partie I)
Hier soir, j’ai pensé à quelques lecteurs de ce blog qui devaient être dans la salle, j’ai pensé aussi à Marie-Charlotte qui, depuis sa province lointaine, devait être en train de penser à moi, j’ai aussi un peu pensé à Vincent Delerm qui, quelque part dans les loges, devait penser à lui-même.
Donc nous y voilà! La première de ce marathon "cigalien" de trois semaines dont nous avons réservé les places depuis quatre ans…enfin, depuis quelques mois. Certains artistes y joueront sans trop déranger, le lundi soir: Franck Monnet, Sebastien Martel, Miossec… Vincent recomptera les petites cuillères et les sombreros après leur passage.
Arrivée mouillée à la Cigale. J’achète un parapluie noir à 2€50 dans l’une des nombreuses boutiques de-tout-et-de-rien qui longent le boulevard Rochechouart. Durée d’attente prévue, oh, une heure et quart. Du haut de son fronton, Vincent, les yeux pleins de soleil, nous nargue un peu, nous qui frissonnons sous nos parapluies. Mais les organisateurs ont été sympas, enfin, ils ne l’ont sans doute pas fait par sympathie, mais bon, nous sommes rentrés à 19h30.
Dans ce genre de situation, on n’a pas le droit d’hésiter, les fauteuils se remplissent à vitesse grand V...comme Vincent. Je trouve une place au 8ème rang. C’est joli la Cigale pendant les concerts « places assises », on se croirait dans un vieux cinéma avec les fauteuils et le grand rideau rouges. Je remarque les deux caméras à chaque extrémité de la scène, prêtes à sévir. Hum…ça sent bon le DVD bonus, ça…ou pourquoi pas le DVD tout court…mais n’extrapolons pas !
Les couples ne parviennent déjà plus à trouver de place et errent dans les allées en demandant si les fauteuils couverts de pulls et de sacs sont pris. Pauvres naïfs ! Quelques familles « Renault Espace » tentent de caser tout leur petit monde aux quatre coins de la salle. Mais le public est plutôt « trentenaire », ce soir…les plus « vieux », moins impatients, plus raisonnables, seront sans doute plus nombreux en week-end.
Le rideau rouge, mal fermé, laisse apercevoir le piano et les techniciens qui s’affairent derrière.
Un micro solitaire, en bord de scène, attend Peter Von Poehl, annoncé comme faisant la première partie.
Je prépare mon barda : un petit carnet d’adresses dont j’ai changé la fonction première dans l’urgence, un stylo qui marche une fois sur deux…j’avais un seul stylo qui ne marchait pas chez moi, il fallait que je tombe dessus ! Un appareil photo numérique acheté en promo à Carrefour, autant dire que depuis le 8ème rang, je n’avais aucune chance d’avoir des photos potables, à moins que vous ne soyez intéressés par les clichés des quelques nuques des gens devant moi, ou ne voyiez pas d’inconvénient à admirer des photos de « mini-delerms » flous et sombres.
Il ne faut pas longtemps avant que Peter von Poehl, sa guitare, son harmonica et son incontournable jean fétiche n’arrivent sur scène. Acculé à son rideau rouge, qui lui fera dire dans sa voix saccadée et rigolote de suédois, qu’il se sent comme un conférencier il aligne quelques chansons de son dernier album, impose son univers, raconte de petites histoires, amusant et détendu. Le public est rapidement conquis, accepte de chanter avec lui, les applaudissements fusent. Ce qui fera dire à Peter : Vous êtes gentils. Mon seul regret, il n'a pas chanté "You can't just get out of my head", reprise géniale de la chanson de Kylie Minogue.
Il sera au Bataclan le 26 janvier 2006.
fin de la première partie...
Connectez-vous demain mercredi 22/11
Une chronique détaillée de la Première à la Cigale sera mise en ligne. Pour l'instant, si vous permettez, je vais me coucher.
a+
Crème
