fronton     Hier soir, j’ai pensé à quelques lecteurs de ce blog qui devaient être dans la salle, j’ai pensé aussi à Marie-Charlotte qui, depuis sa province lointaine, devait être en train de penser à moi, j’ai aussi un peu pensé à Vincent Delerm qui, quelque part dans les loges, devait penser à lui-même.

    Donc nous y voilà! La première de ce marathon "cigalien" de trois semaines dont nous avons réservé les places depuis quatre ans…enfin, depuis quelques mois. Certains artistes y joueront sans trop déranger, le lundi soir:  Franck Monnet, Sebastien Martel, Miossec… Vincent recomptera les petites cuillères et les sombreros après leur passage.

    Arrivée mouillée à la Cigale. J’achète un parapluie noir à 2€50 dans l’une des nombreuses boutiques de-tout-et-de-rien qui longent le boulevard Rochechouart. Durée d’attente prévue, oh, une heure et quart. Du haut de son fronton, Vincent, les yeux pleins de soleil, nous nargue un peu, nous qui frissonnons sous nos parapluies. Mais les organisateurs ont été sympas, enfin, ils ne l’ont sans doute pas fait par sympathie, mais bon, nous sommes rentrés à 19h30.

    Dans ce genre de situation, on n’a pas le droit d’hésiter, les fauteuils se remplissent à vitesse grand V...comme Vincent. Je trouve une place au 8ème rang. C’est joli la Cigale pendant les concerts « places assises », on se croirait dans un vieux cinéma avec les fauteuils et le grand rideau rouges. Je remarque les deux caméras à chaque extrémité de la scène, prêtes à sévir. Hum…ça sent bon le DVD bonus, ça…ou pourquoi pas le DVD tout court…mais n’extrapolons pas !

    Les couples ne parviennent déjà plus à trouver de place et errent dans les allées en demandant si les fauteuils couverts de pulls et de sacs sont pris. Pauvres naïfs ! Quelques familles « Renault Espace » tentent de caser tout leur petit monde aux quatre coins de la salle. Mais le public est plutôt « trentenaire », ce soir…les plus « vieux », moins impatients, plus raisonnables, seront sans doute plus nombreux en week-end.

    Le rideau rouge, mal fermé, laisse apercevoir le piano et les techniciens qui s’affairent derrière.

    Un micro solitaire, en bord de scène, attend Peter Von Poehl, annoncé comme faisant la première partie.

    Je prépare mon barda : un petit carnet d’adresses dont j’ai changé la fonction première dans l’urgence, un stylo qui marche une fois sur deux…j’avais un seul stylo qui ne marchait pas chez moi, il fallait que je tombe dessus ! Un appareil photo numérique acheté en promo à Carrefour, autant dire que depuis le 8ème rang, je n’avais aucune chance d’avoir des photos potables, à moins que vous ne soyez intéressés par les clichés des quelques nuques des gens devant moi, ou ne voyiez pas d’inconvénient à admirer des photos de « mini-delerms » flous et sombres.

    Il ne faut pas longtemps avant que Peter von Poehl, sa guitare, son harmonica et son incontournable jean fétiche n’arrivent sur scène. Acculé à son rideau rouge, qui lui fera dire dans sa voix saccadée et rigolote de suédois, qu’il se sent comme un conférencier il aligne quelques chansons de son dernier album, impose son univers, raconte de petites histoires, amusant et détendu. Le public est rapidement conquis, accepte de chanter avec lui, les applaudissements fusent. Ce qui fera dire à Peter : Vous êtes gentils. Mon seul regret, il n'a pas chanté "You  can't just get out of my head", reprise géniale de la chanson de Kylie Minogue.

Il sera au Bataclan le 26 janvier 2006.

fin de la première partie...